C’est bien connu des amateurs de musique dématérialisée, dès qu’on a une carte-son ou un convertisseur N/A (DAC) externe au PC, mieux vaut une liaison par USB et en mode asynchrone, et surtout pas du SPDIF. L’horloge médiocre du PC n’est plus utilisée et c’est celle, en principe plus précise, du convertisseur extérieur qui sert de référence, de mètre-étalon.
Est-ce LA solution miraculeuse? Oui et non. On pourrait penser qu’en supprimant le CD, le laser et une piètre horloge, on s’était mis à l’abri de tout jitter néfaste.
C’est une vue de l’esprit. Primo le jitter est multiple, c’est un mot à mettre au pluriel. Secundo le jitter apparait dès lors que des données numériques audio (je dis bien audio, donc avec une composante temporelle intrinsèque) circulent quelque part, donc aussi dans un câble USB et avant que l’horloge ne tente de cadencer les bits.
Le son des cordons USB
Sur les forums hi-fi, certains en discutent longuement. Ils parlent du « son des câbles USB », comparent les marques, les prix.
Voir ces topics > http://www.forum-audiophile.fr…t23312.html et http://www.forum-audiophile.fr…t17229.html
En fait tous les câbles USB bien fabriqués, correctement blindés, se valent au niveau des datas audio. Par contre tous ont un comportement qui réagit de manière personnelle aux PNI (voir lexique) et donc au jitter. Cela dépend à la fois du câble, mais aussi du PC utilisé, de son architecture et surtout du contexte local (meuble hi-fi, place des appareils, courant secteur, terre, environnement électromagnétique aérien et filaire…)
Il n’y a donc pas de solution miracle universelle avec tel DAC, telle carte-son, tel modèle de câble USB, tel ampli.
NB. Se méfier des ports USB3 qui semblent ne pas être compatibles Audio! voir ces topics du forum audiofanzine. Je n’ai pas pu personnellement l’utiliser pour ma carte-son externe, devant lui préférer un port USB2. Les PC portables qui n’ont plus que des ports USB3 sont donc à éviter pour un usage en tant que PC audiophile.
Un remède spécifique par patient
Un PC plus musical que tout autre système grâce au SARD++ et grâce à un câble USB optimisé
La confection (comprendre: les produits et accessoires du commerce audio) n’apporte pas de solution, il faut faire du sur-mesure. J’ai résolu le problème (chez moi) par un système de recalage temporel des bits circulants dans mes câbles USB (j’ai trois systèmes hi-fi en dématérialisé vrai SARD++) , fort des solutions déjà éprouvées pour le rippeur Phi² audiophile. Cela nécessite une chaîne hi-fi stéréo déjà bien euphonisée, pas un étouffoir. Le fichier à télécharger porte un nom explicite « Kill Jitter USB »…
Kill Jitter USB, une solution DIY par AA, à adapter à chaque contexte…
le coût en DIY s’élève à quelques euros et ça se fabrique en une heure ou deux sans la moindre soudure. Il suffit de disposer d’un câble USB assez long, plus que la distance PC/DAC, pour pouvoir y former 3 boucles sur lesquelles on va bidouiller de manière non intrusive, en externe. Téléchargez le fichier 137-killjitterusb.zip(en page de téléchargements multiples)
En hommage à Henri Dutilleux, qui vient de nous quitter… pour un Monde lointain:
Câble USB audio, test, optimisation, tweaking
Faites vous-même le test
Vous voulez voir si votre câble USB a un son et si c’est modifiable? C’est facile. Écoutez un morceau que vous connaissez bien, avec une belle prise de son. Ne modifiez pas le volume sonore. Gainez ensuite votre câble USB avec une bande d’intissé de 10cm de large découpée aux ciseaux crantés dans une nappe ou une serviette en vaisselle jetable, si possible unie, sans décor imprimé. Il vous faut une bande assez longue, 1,5m à 2m, éventuellement en plusieurs morceaux. Gainez votre câble USB en biais, spires justes se chevauchant sur 2 ou 3cm, depuis le DAC ou la carte-son et arrêtez le gainage 8 ou 10cm avant le PC. Je dis bien « textile intissé » ou « non tissé » et pas ouate de cellulose ni papier. Réécoutez ensuite le même morceau sans modifier le volume sonore…
On pourrait croire qu’une chaine hi-fi qui reproduit chez soi un concert symphonique n’a pas besoin d’autre chef que celui qui dirige l’orchestre philharmonique lors de l’enregistrement.
D’ailleurs même la chaine hi-fi la plus chère du monde est toujours livrée sans chef spécifique. C’est bien une preuve, ça! (je plaisante, bien sûr)
Hélas vous pouvez dépenser des sommes ahurissantes pour avoir la chaine hi-fi la meilleure du monde, et musicalement être déçu.
La musique qui vous sera restituée sera en effet impactée par trois facteurs extérieurs à la chaine:
- la source musicale,
- la source d’énergie,
- la bulle électromagnétique locale.
Ceci en supposant que vous ayez bien maitrisé par ailleurs l’acoustique du local.
La chaine hi-fi dans son contexte
Trois en sus de la chaine
Un: La source audio c’est le phonogramme, qui se présente aujourd’hui sous la forme du fichier numérique. Ce fichier contient par définition 100% des informations musicales issues de la prise de son (supposée de qualité).
Deux: Le second élément est le courant secteur qui vous est délivré, et la qualité ou propreté relative (sale, de par sa nature même de collecteur) de la terre à laquelle son neutre est référencé.
Trois: Le troisième élément concerne tous les champs électromagnétiques locaux, véhiculés par les fils électriques du secteur, par la ligne téléphonique fixe, et induits par les champs ambiants de votre milieu aérien (wifi, DECT, téléphonie mobile, BlueTooth…)
Parvenir à obtenir la restitution des 100% du phonogramme ne dépend donc pas que de la chaine seule.
Petite pause musicale
Pas toute la musique
Au mieux, une excellente chaine restituera 95% du contenu musical du fichier source. Cette partie manquante, à supposer (soyons optimiste!) qu’elle ne représente que 5%, ne s’analyse pas avec des instruments, rien de transparait aux mesures, mais elle s’entend bigrement. Les instruments de mesure vous diront que tout y est, mais pas l’oreille! En effet c’est dans les 5% manquants « subjectifs » que le mélomane trouve son grand bonheur. C’est là que surgissent le chatoiement des timbres, le peps, la vie, le tonus, le plaisir communicatif de jouer des instrumentistes. C’est là que les plus petites intentions de la soprano apparaissent, que les plus infimes inflexions de la voix se font sublimes.
C’est là que le discours musical prend tout son sens et que même les musiques les plus ardues deviennent comme par magie enfin accessibles et compréhensibles au béotien que vous êtes (moi en tous cas).
Des remèdes
NRT – new ripping technology, l’extraction selon la méthode AA
Ces trois fauteurs de trouble, sont maitrisables, la source en premier lieu par une bonne extraction en mode NRT (voir lexique) ou par téléchargement en qualité CD wave 16bit/44,1kHz (merci Qobuz) , et par la lecture en mode dématérialisé vrai SARD++, le reste se traite par l’euphonisation du système complet, à savoir la chaine hi-fi et son contexte local.
Ce qui compte dans une chaine hi-fi
L’âme de la musique, l’émotion
La transmission de l’émotion suscitée par la musique reste l’objectif de toute chaine hi-fi. Si vous n’avez pas compris ça, continuez à écouter du mp3 sur votre téléphone mobile. Une chaine peut avoir des performances chiffrées mirobolantes, un coût faramineux et pourtant ne transmettre que faiblement l’émotion, le sens du discours. C’est ce que j’appelle la musicalité. La corrélation entre le prix de la chaine et sa musicalité n’est pas du tout vérifiée. On constate même qu’il n’est pas nécessaire d’investir des sommes folles dans le matériel. En effet, ce qui compte vraiment dans la musique peut être restitué même par du matériel très banal, à la limite, un matériel qu’on ne qualifierait pas de hi-fi. La notion de hi-fi souvent bardée de chiffres n’a que peu de rapport avec la fidélité au discours musical. La chose vous semble étonnante? Non, rien de surprenant à cela, simplement on ne s’attachait pas à résoudre le vrai problème, lequel se passe en amont et en aval de la chaine. On passait donc à côté du problème, en l’ignorant. Cela fait d’ailleurs plus de trente ans qu’on passe « à côté », à force de penser l’électronique de manière « conforme »
La pensée conforme en hi-fi
La pensée unique en hi-fi « tout ce qui s’entend se mesure »
A force de seriner que tout se passe dans les circuits, avec pour seuls acteurs des semi-conducteurs, des résistances, des condensateurs, des bobinages, des fils conducteurs et de l’électricité, à force de seriner que tout se mesure avec des appareils, on limite le champ des possibilités, on se met des œillères, et… on stagne. Il fallait penser la hi-fi autrement, au delà des seules électroniques. Les précurseurs dans ce domaine hors des sentiers battus ne sont pas légion, et hormis votre serviteur, je citerais Gérard Noël de la société OSH (Inventeur de la théorie des MIS, Micro Inductions de Surface, et le premier à parler des effets acoustiques des molécules polaires de l’eau présentes dans l’humidité de l’air) et plus tard Pierre Johannet (l’inventeur du Ionostat, de la théorie des MDI et du réseau ionostatique), autant de théories très controversées par les tenants de la pensée conforme, les objectivistes épris du peu que l’on sait mesurer avec des appareils et adeptes de la pensée unique: « tout ce qui s’entend se mesure »… mon Dieu, quelle prétention! Il y a tant de choses qui ne se mesurent pas en hi-fi et qui s’entendent fort bien…
Petite pause musicale
Se donner un chef d’orchestre
Sans chef, un orchestre joue de manière décousue, presque chacun pour soi, et la ligne directrice se disperse, le discours musical perd son sens. Et cela, même si pris individuellement chaque instrumentiste est talentueux. Mieux, le chef conduira différemment pour adapter les son de l’orchestre à l’acoustique de la salle. Dans une chaine hi-fi très chère chaque maillon peut coûter une petite fortune, et peut représenter le nec plus ultra du genre, mais sans chef pour les guider les maillons entre eux ne se marieront pas parfaitement, ni eux avec leur contexte. Il faut leur redonner une unité, un chef. Cette cohésion s’obtient par le temps, et particulièrement le temps ultra fin, celui qui se compte en microsecondes. Euphoniser c’est gérer le temps à son niveau le plus infime.
Unité de temps
Dans le théâtre classique la règle des trois unités prévalait: unité de temps, unité de lieu, unité d’action. En matière musicale hi-fi, il en est de même et le grand ordonnateur, le guide, y est un chef d’orchestre qui s’appelle « Euphonisation ». Car en réalité c’est la gestion temporelle ultra fine du signal musical qui préside à tous les intervenants, appareils électroniques, cordons haut-parleurs et modulation, courant secteur / terre, ordinateur, câble USB, champs électromagnétiques locaux et propagation aérienne du son. Cette quête de l’unité temporelle fine générale de la chaine est d’autant plus indispensable que l’on utilise comme source audio un fichier numérique 16 bits 44,1 kHz (nul besoin de plus). Coup de chance, avec désormais la possibilité de télécharger ce phonogramme on peut se passer du CDaudio et de son extraction en mode NRT (voir lexique). On peut avec la dématérialisation se passer du lecteur CD de salon qui, du fait de son jitter intrinsèque (lié aussi à la norme du CD) et par la lecture à la volée, apporte un désordre temporel résiduel non maitrisable.
La politique des petits pas
Avancer par petits pas, à son rythme…
Euphoniser ne consiste pas à installer un appareil en plus ou un quelconque accessoire magique, ésotérique et hop c’est fini. Euphoniser se fait par petits pas. Chaque petit pas donne un plus musical en effaçant une nuisance (PNI, voir lexique), en gommant un voile, en apportant chaque fois un plus à la musique ou à sa perception. Cela a un énorme avantage. Chacun peut avancer à son rythme et s’arrêter qand il veut, en conservant tout le bénéfice de la musicalité acquise. C’est cumulatif et avec cliquet, on ne revient pas en arrière même si on s’arrête en chemin. Quand il est satisfait le mélomane stoppe son travail d’euphonisation et profite de sa musique en toute plénitude, serein. Il redécouvre toute sa CDthèque. Le seul risque encouru est celui de se dire « et si j’allais plus loin? » On peut d’ailleurs reprendre l’euphonisation plus tard, après avoir fait une pose de plusieurs mois ou bien après avoir entendu un élément déclencheur. C’est ce je dis à mes amis quand je les invite à écouter de la musique chez moi. « Attention, c’est à vos risques et périls », vous risquez une fois rentré chez vous, de ne plus trouver votre propre chaine hi-fi aussi bonne qu’avant. Parfois il vaut mieux ne pas savoir, pour rester heureux avec ce que l’on possède. En hi-fi audio, le sage doit parfois être philosophe.
Petite pause musicale
L’euphonisation c’est simple et pas cher
Téléchargement download les fichiers perso de AA
Si on suit à la lettre mes indications, on y parvient sans la moindre compétence pointue en informatique ou en électronique. Par contre cela demande qu’on y consacre du temps et de l’attention. Cela demande aussi quelque petit talent pour le bricolage. C’est donc réservé aux seuls mélomanes pas trop maladroits, vraiment mordus de musique, qui auront la volonté de faire et de la constance dans le travail d’euphonisation à conduire. Le prix de revient des accessoires « euphoniseurs », à réaliser en DIY, est toujours très modique.
La règle des trois unités
La règle des trois unités
Boileau au XVIIè siècle, parlant du théâtre classique, outre ses trois règles (unité de temps, unité de lieu, unité d’action), s’exprimait en des termes que l’on pourrait aisément transposer pour le discours musical quand il est restitué par une bonne chaine hi-fi, euphonisée, au XXIè siècle:
« Ce qu’on ne doit point voir, qu’un récit nous l’expose :
Les yeux en le voyant saisiront mieux la chose ;
Mais il est des objets que l’art judicieux
Doit offrir à l’oreille et reculer des yeux. »
… et atteindre alors le but ultime, celui qui résume tout:
« Que dans tous vos discours la passion émue
Aille chercher le cœur, l’échauffe et le remue.»
Susciter l’émotion au plus profond de son être! Voilà qui colle très bien avec la notion de musicalité que j’évoque plus haut.
Le SARD++ et les cartes-son EMU 0202 ou 0204 (du moins leurs driver d’installation) étaient jusqu’à présent compatibles avec Windows XP SP2, Windows Vista, et Windows 7 en 32 bits et 64 bits. C’était aussi les cas des logiciels annexes comme le player AIMP3, le monteur de Ramdisk, les commandes automatiques de formatage ou d’optimisation de la RAM.
Mais ces mêmes programmes sont-ils compatibles désormais avec Windows 8?
Le réponse, à défaut d’avoir testé la chose personnellement faute de posséder Win 8, viendrait de Microsoft: « Les utilisateurs de Windows 7 peuvent passer à Windows 8 en toute confiance. Tous les logiciels exécutés sous Windows 7 fonctionnent parfaitement sous Windows 8. »
Sur la page de téléchargement de Win 8, Microsoft précise à nouveau: « Vous conservez vos programmes habituels. Les programmes s’exécutant sur Windows 7 sont compatibles avec Windows 8. »
Voilà qui se veut rassurant! Mais on doit rester méfiant car en audio on peut avoir des mauvaises surprises.
En cas de doute une application Microsoft permet de vérifier si votre PC, vos logiciels et votre équipement sont compatibles Win 8 en téléchargeant l’Assistant Mise à niveau.
Cette opération lance une recherche sur votre PC pour détecter les éléments compatibles. Une liste s’affiche à l’écran pour vous présenter les logiciels installés et les composants matériels connectés à votre ordinateur qui sont compatibles avec Windows 8.
source: http://www.microsoft.com
On peut bien sûr exécuter l’Assistant Mise à niveau sans pour autant acheter la mise à jour vers Win 8. J’ai donc vérifié la chose : votre PC peut-il exécuter Windows 8 ? Le programme de vérification en question s’appelle Windows8-UpgradeAssistant.exe
Assistant Mise à niveau Win 8
A l’issue du test sur une machine Win 7 32 bits où le SARD++ fonctionne parfaitement, sont détectés et listés comme compatibles:
AIMP2
AIMP3
Ashampoo Burning Studio 2012 V 10.0.15
Foobar2000 v.1.1.13
MediaMonkey 4.0
Par contre la liste de vérification ne comprend pas:
Le driver de la carte-son EMU 0202 USB (c’était le soucis principal ! )
Le logiciel de montage de Ramdisk
Les commandes exécutables en .bat
MRam Optimizer version audiophile
Et l’Assistant Mise à niveau indique par ailleurs que Sound Forge Pro 10.0 et Microsoft .NET Framework 1.1 doivent être réinstallés dans Win 8.
Bref, on n’est pas beaucoup plus avancé ! En théorie tout devrait donc fonctionner… en théorie oui, mais en pratique?
Votre expérience personnelle peut servir aux autres mélomanes :
Si vous utilisez la lecture audio en SARD++ sous Win 8 32 bits ou 64 bits, avec une carte-son EMU 0202 ou 204 USB, merci de l’indiquer en laissant un commentaire sur ce billet. Précisez votre configuration matérielle, marque de PC, processeur, Ram, ports USB2, ports USB3 etc… Et si vous avez eu des difficultés, lesquelles? et comment vous les avez résolues…
Download – Téléchargement des fichiers de AA
Download – Téléchargement des fichiers de l’audiophile AA
Pour télécharger les fichiers perso de AA (image iso prête à graver ou prête à lire depuis le disque dur), les mises-à-jour, les airs tests et aussi avoir accès au AAClub audiophile, il suffit d’obtenir un Login et un mot de passe: cliquez ici
Vu sur les forums:
Sur un forum russe un utilisateur a installé avec succès la carte son E-MU 0204 USB sous Windows 8 64 bits. Un autre topic du forum indique aussi un correctif de Microsoft, correctif qui résout un problème connu concernant la fonctionnalité des interfaces audio USB haute vitesse externe (USB2) sous Windows 7 ou Vista (et donc logiquement aussi sous Win 8).
La surcharge de travail du CPU (des pics d’activité à 100% qui surgissent impromptus) causée par la carte-son E-MU serait un bug de Windows dans la façon de gérer l’USB et de gérer l’affichage du travail du CPU. La carte ne surcharge pas réellement le processeur. http://forum.ixbt.com/topic.cgi?id=90:3128 http://support.microsoft.com/kb/981214
Confirmation de compatibilité Win 8 sur deux autres forums:
« I’m running a 0204 with NaP3 on The Release to Manufacturing build of Windows 8. 64 bit, it all works great as expected…. They don’t have the Windows 0204 drivers on the website because it comes with them in the box… »
E-MU 0204 0404 USB avec le Beta Driver disponible ici: http://connect.creativelabs.com/…_us_1_40_00_beta.zip
« This beta driver works well upto Windows 8 (32/64 bit) … I have it in use in Windows 7 32-bit and WIndows 8 64-bit (W8 is Developers Preview version). »
Trois sources différentes pour le OUI, une source pour le NON
A noter un banc d’essai qui attribue une note de 9,1/10 en qualité sonore à l’E-MU 0204. La E-MU 0202 aurait selon l’auteur du test par contre un médium plus riche, mais un peu moins de clarté. (cartes-son non bidouillées à la sauce AA, bien sûr) http://www.michalkaszczyszyn.com/en/tutorials/e-mu_0204_usb.html
Mon article du mois dernier, dans lequel je parlais, entre autres, du casque FOSTEX TH-7B m’a incité à revenir sur l’écoute au casque. C’est en effet une façon d’écouter la musique qui est revenue à la mode ces derniers temps. Si « tendance » que, chevauchant la vague, les offres de fabricants se multiplient à l’envie, tant pour les oreillettes que pour les mini casques à usage nomade(*). Mais si ces casques et écouteurs permettent d’entendre de la musique, parfois pas trop mal, j’aimerais revenir sur l’utilisation audiophile et sédentaire du casque vraiment haute-fidélité.
Écouter la musique au casque, pas seulement l’entendre!
Je voudrais parler des casques qui permettent de savourer la musique au point de ne pouvoir rien faire d’autre en même temps. Ces casques à haute musicalité sont surtout destinés à l’écoute nocturne solitaire et/ou égoïste, quand tout la famille dort paisiblement. Ces casques avec lesquels une seule demie-heure de musique est toute aussi réparatrice et bonne pour le moral qu’une nuit complète de bon sommeil ou qu’une séance de thérapie chez votre psy préféré. De tels casques sont rares mais les bienfaits qu’ils procurent pourraient largement justifier leur prise en charge par la sécu, comme des médicaments, puisqu’ils remplacent avantageusement tranquillisants, somnifères, anxiolytiques et autres drogues moins licites!
Le casque? j’aime pas!
C’est une réaction fréquente! L’écoute au casque est une façon différente d’approcher la musique. Contrairement à l’écoute des enceintes acoustiques, le son semble venir de l’intérieur de la tête. La façon dont l’image musicale se forme à l’intérieur du crâne peut dérouter bien des gens.
Différence d’écoute entre enceintes et casque
Certains s’y adaptent assez bien, d’autres y sont complètement allergiques. Il suffit d’aller sur les forums hi-fi pour constater à quel point nombreux sont les gens perturbés par le « son dans la tête ». Et tous déçus que leur quête d’une solution leur soit partout annoncée comme vouée à l’échec. Ce n’est pourtant pas irrémédiable.
Explication du phénomène « casque »
Si vous écoutez de la musique en stéréo avec un casque ou avec des oreillettes intra-auriculaires, le coté droit et le coté gauche ont chacun un canal bien distinct: ce que vous entendez à gauche, vous ne l’entendez pas à droite. C’est plutôt fatiguant et votre cerveau n’aime pas ça. La stéréo est en général faite pour être écoutée sur des hauts parleurs. Seules les prises de son faites avec deux micros et une tête artificielle (les micros étant placés où se trouveraient les oreilles) permettent une parfaite écoute au casque, (cf la tête artificielle de André Charlin).
Les constructeurs de casque ont en partie résolu le problème en créant des casques dits ouverts. Ainsi chaque oreille reçoit un (très petit) peu du son émis par l’autre écouteur. Cela reste cependant délicat à maitriser et le « son dans la tête » subsiste, ne parvient pas à s’externaliser.
Quand vous écoutez un son « naturel », un claquement de doigts par exemple, vos deux oreilles entendront ce son de manières différentes. Le décalage temporel du son qui parvient de manière différente à vos oreilles, plus ses réflexions par l’acoustique de la pièce, sur les murs, sur les objets, permettent à votre cerveau de bien le localiser. La personne qui claque des doigts est devant vous un peu à droite à 4 ou 5m par exemple. C’est cela que recouvre le terme de perception binaurale.
La stéréo se transforme d’elle-même en binaurale lors de l’écoute sur des haut-parleurs: en effet si vous coupez l’une des voies, D ou G, vos deux oreilles entendront le son émit par la seule enceinte qui fonctionne. Ce n’est pas ce qui se passe avec l’écoute au casque.
Principe de fonctionnement de l’écoute binaurale, un petite vidéo réalisée par Sciences et avenir
L’usage professionnel ou non du casque va déterminer deux grandes familles:
- les casque fermés, qui isolent du bruit ambiant et qui sont donc souvent ceux utilisés par les professionnels qui doivent travailler sur le son dans un contexte soit bruyant, soit isolé de la source sonore.
- les casques ouverts, qui n’isolent pas du bruit ambiant et qui en outre laissent filtrer la musique émise par les écouteurs à l’entourage proche.
Les casques ouverts restent les casques les plus musicaux, aux dires même des constructeurs, car seuls ils redonnent à la musique une certaine aération, et une certaine neutralité avec une écoute plus conforme au cerveau humain .
Les casques fermés peuvent par contre être plus analytiques, plus fermes et plus toniques sur le bas du spectre, ils peuvent constituer plus facilement une « loupe acoustique » et permettre un travail plus précis pour les professionnels du son, lors des mixages par exemple.
Avec l’itinérance, une troisième famille de casques ou d’écouteurs apparaitra. Les oreillettes intra-auriculaires constituent en effet une famille à part, née avec l’écoute nomade et les premiers Walkman (Sony). On pourra cependant les transformer en écouteurs sédentaires, parfois même de haut niveau et à un tout petit prix.
Les principaux inconvénients du casque:
1) L’image sonore introvertie
Le casque avec ses sources émettrices proches des tympans élimine tout ou partie de l’acoustique de la pièce. Le son entendu n’est plus enrichi par les réflexions du sol, des murs, des meubles et objets, ni interprété par les pavillons de l’oreille. Le décalage temporel entre les deux oreilles n’est plus du tout naturel, correspondant à l’éloignement. Le cerveau est dérouté, et faute de retrouver ses marques naturelles, il forme une image sonore où il peut, et sans infos spatiales vraies, il forme cette image dans la tête. Il faut savoir que sauf cas particulier les prises de son et les mixages sont faits pour une écoute sur enceintes acoustiques disposées en milieu semi réverbérant. On n’enregistre pratiquement jamais pour une écoute au casque ni pour une écoute en chambre sourde anéchoïque.
2) Une écoute fatigante
Le son totalement binaural et séparé provoque, outre le « son dans la tête », des épiphénomènes désagréables avec les messages musicaux dont le respect de la phase n’est pas idéal pour l’écoute au casque. Ce peut-être le fait de la chaine hi-fi comme aussi celui de l’enregistrement ou du mixage. Certains sons vont sembler flous, se mettre à vibrer, se gonfler, perdre de leur précision, ils vont sonner détimbrés ou criards, l’image devient confuse, brouillonne… Bizarrement tout ceci disparait lorsqu’on écoute la même musique sur de bonnes enceintes. C’est en effet une forme de distorsion acoustique « physiologique » ou « neuropsychologique », provoquée par notre cerveau qui ne trouve pas ses repères naturels.
Très sensible à ce son dans la tête et à ce type de distorsion temporelle, l’écoute au casque m’est personnellement pénible et rapidement insupportable avec un casque courant (et même avec un casque très cher) et sur un système hi-fi non euphonisé qui lit un CD… Il est d’ailleurs intéressant de savoir que l’écoute au casque est toujours plus agréable, naturelle et presque dépourvue de fatigue auditive à l’écoute de 33T vinyle. Le numérique et en particulier la lecture CD montrent leurs limites à ce niveau. La solution pour le numérique est naturellement de passer à la lecture dématérialisée vraie en SARD++
3) Un registre grave déficient
Même si le casque descend jusqu’à l’infra-grave aux mesures sur un banc d’essai, il laisse toujours un sentiment de frustration à l’écoute, « ça manque de vraies basses! ». En effet, les sons graves se perçoivent plus par le corps que par les oreilles. Cette perception par impact corporel n’existe pas avec l’écoute au casque et ce n’est pas en gonflant outrancièrement le niveau de grave qu’on peut la remplacer. Le remède est alors pire que l’absence « subjective » de grave. Mieux vaut s’attacher alors à la qualité de ce grave qu’à sa quantité, et miser sur sa spatialité, sa précision dans l’espace… le cerveau y retrouvera alors son compte.
Sortir le son de son crâne… c’est possible!
De tous temps j’ai donc cherché des solutions pour externaliser ce son… et c’est faisable, mais il faut des casques de très bonne qualité musicale, des sources musicales irréprochables, et un système bien euphonisé.
C’est aussi possible de manière nettement moins convaincante mais plus simple à réaliser, par des artifices électroniques numériques (DSP, plugins Crossfeed etc). J’en donne deux des meilleurs (gratuits) pour AIMP3 mais je conseille plutôt de s’en passer.
La méthode que je préconise me semble bien plus musicale, naturelle et « compatible » avec l’écoute sur enceintes. Cette méthode a ses limites, sauf sur les systèmes les plus aboutis on ne parvient pas à réellement remplacer des enceintes acoustiques disposées 4m devant soi mais c’est suffisant. L’externalisation de l’image sonore se fait très proche, non plus dans le crâne mais juste devant la tête, et surtout l’image retrouve de la profondeur, de la largeur, de l’aération, de l’espace… et une matérialisation exogène des objets sonores.
Externalisation de l’image sonore du casque par euphonisation
L’écoute redevient agréable et peut être durable sans aucune fatigue (dans mon cas personnel jusqu’à 2 heures sans là moindre gène) tout en restant précise, construite, riche en informations, en timbres, en émotion… Naturellement sur mon propre système, hissé au top niveau, l’écoute au casque Stax Lambda modifié, donne à certains enregistrements une image sonore si crédible que l’on croit les écouter sur des enceintes acoustiques classiques… c’est surtout une question de travail sur l’euphonisation et donc réservé au mélomane passionné.
Petite pause musicale
AA vieux « casquophile »
Mon expérience de l’écoute au casque remonte aux années 60… tout au moins pour mes casques dédiés à la musique. Auparavant, gamin, j’ai connu les écouteurs, à membrane tôle fine et grenaille de fer, pour TSF et poste à Galène!
Le premier « bon » casque que j’ai entendu, lors d’une foire exposition avec les tout-premiers matériels hi-fi de qualité, était un David Clark 100. Je m’en souviens fort bien et surtout de l’impression qu’il m’avait laissé. Le démonstrateur jouait du Vivaldi enregistré sur une bande magnétique directement par l’éditeur, bande lue avec un magnétophone semi professionnel. J’en étais resté époustouflé, subjugué de découvrir une telle richesse musicale, bien loin des premiers microsillons souvent passés sur d’infâmes électrophones. Encore adolescent, je n’avais jamais été au moindre vrai concert classique en direct. J’ai pourtant commencé avec cette brève écoute de Vivaldi sur ce casque Clark 100 à entrevoir ce que la notion de hi-fi, alors encore balbutiante, pouvait recouvrir.
J’ai découpé ce dossier en quatre volets:
1°) Ma galerie historique personnelle des casques que j’ai appréciés, et que pour certains, j’utilise encore.
2°) La référence auditive du tout premier Stax Lambda modifié par moi, euphonisé, et marié à un ampli Mosfet qui lui est dédié. (On peut trouver ce Lambda d’occasion pas cher mais il reste rare)
3°) L’ensemble Stax ampli mixte FET / tubes SRM 006tA et casque Lambda SR 404 signature, tous deux dûment modifiés et euphonisés. (Ensemble très onéreux en France, et qui pourtant, tel quel, ne justifie pas son prix à mes oreilles… par contre après euphonisation, alors oui!)
4°) Les traitements numériques de re-spatialisation pour l’écoute au casque (DSP, plugins Crossfleld…) avec le player AIMP3… le how-to, leurs réglages et bien sûr leurs limites.
1°) La galerie des casques de AA
Les casques hi-fi de AA depuis 1960
Les dates sont indicatives, je les donne en effet de mémoire… elles peuvent différer des dates effectives de première sortie de ces appareils sur le marché. Que les historiens de la hi-fi tatillons m’excusent de leur approximation.
Les détails sur l’euphonisation mentionnée de certains modèles dépassent largement le cadre de ce tableau de présentation. Ces euphonisations font chacune l’objet d’un dossier largement documenté en parties 2 et 3.
Euphoniser !
Je rappelle qu’euphoniser c’est réussir le mariage des appareils entre eux et avec leur contexte, acoustique, électrique et électromagnétique ambiant. Cela consiste dans une première étape à dégraisser, nettoyer, le système de toutes les PNI (voir lexique) filaires et aériennes qui pénalisent le son. Dans la seconde étape, on peut alors affiner le respect des microphases, leur bon calage temporel, gage de vie, de peps, de timbres chatoyants, d’émotion, d’espace tri-dimensionnel de la scène sonore, d’aération des pupitres, d’étagement des plans sonores etc.
On remarquera sur ma galerie perso que seuls 3 casques ont eu droit à mon petit Label Audiophile AA,
Label audiophile AA
et seulement après leur euphonisation ! … Tout en gardant à l’esprit que, plus encore que les enceintes acoustiques, les casques font l’objet d’une appréciation subjective qui peut énormément varier selon les personnes, leurs goûts musicaux, leurs attentes… et leurs oreilles!
Les suites 2, 3 et 4 sont volumineuses et débordent largement le cadre de ce blog, téléchargez le dossier complet 136-stax-audiophileAA.zip(Attention, il s’agit de hi-fi hors normes, où l’on ne touche pas aux composant électroniques! Aucun transistor, aucun ampli OP, ou condensateur n’est remplacé… tout se fait « à distance », autrement!)
Dans la partie 4 j’aborde le sujet des traitements numériques du son, censés le re-spatialiser, lui donner des caractéristiques dimensionnelles qu’il n’a pas sur une stéréo habituelle. Il s’agit des DSP (Digital signal processing) et des plugins de filtrage Crossfeed paramétrables plus ou moins efficaces… Comme cette vidéo « Virtual barber shop », qui s’écoute obligatoirement avec un casque ou des oreillettes intra auriculaires. Vous êtes chez le coiffeur et il va vous faire une coupe de cheveux. Mettez votre vos casque sur les oreilles et fermez les yeux… vous y êtes. Démo décoiffante!
Cette amusante démonstration de son tournant autour de la tête à 360° chez le coiffeur marche aussi même si vous êtes chauve.
Je parlais déjà de cette petite vidéo dans un billet de 2009 Archives 20 du blog audiophile en insistant plutôt sur la nécessité de d’abord apprendre à écouter! Ne croyez pas que DSP et autres plugins puissent faire ceci d’un simple claquement de doigts avec votre musique habituelle. Et d’ailleurs, musicalement parlant, le 360° n’offre pas un grand intérêt sauf pour des effets spéciaux au cinéma, et encore! Au concert (classique, du moins) on se concentre justement sur ce qui est devant, sur la scène ou l’estrade, et qui joue de la musique en essayant d’oublier le monsieur qui tousse à votre droite, la dame qui respire fortement à votre gauche et le gars qui renifle toutes les 2 minutes derrière vous!
Le principe d’enregistrement avec une « tête virtuelle » (cf Charlin) parvient au même effet: ici deux micros cravates sont placés dans les oreilles du preneur de son qui visite un bric-à- brac en plein air à Marsac (16), sinon une tête d’enregistrement comme la KU100 de Neumann, fait la même chose en mieux, car tenant compte en outre des pavillons de l’oreille. Voici ci-dessous une vidéo de démo de prise de son avec la tête Neumann KU-100 (écouteurs requis)
Plus sophistiquée cette autre vidéo est faite en extérieur avec deux têtes Neumann KU-100 dont une mobile, avec une guitare et les bruits ambiants (là aussi écouteurs requis).
Download – Téléchargement des fichiers de l’audiophile AA
Pour télécharger les fichiers perso de AA (image iso prête à graver ou prête à lire depuis le disque dur), les mises-à-jour, les airs tests et aussi avoir accès au AAClub audiophile, il suffit d’obtenir un Login et un mot de passe: cliquez ici
Lors de la sortie des premiers baladeurs à mémoire Flash, j’avais testé la qualité musicale d’un petit baladeur Creative Zen V. Cela remonte à 2007. Et les limites étaient vite atteintes, même en utilisant des fichiers audio en wav 16bits 44,1kHz. (cf fichier 55-guide-euphonie.htm). Le Creative Zen V est au fond d’un tiroir, remisé au purgatoire pour longtemps. J’en ai écouté plein d’autres depuis, tous (certains très) décevants.
La technologie évolue, progresse, certes, mais les exigences musicales des consommateurs aussi et selon moi pas dans le bon sens, à la baisse. Le grand public est de moins en moins demandeur de qualité musicale, lui préférant la facilité d’utilisation. Il suffit de voir l’engouement pour des micro-chaines à station iPod – iPhone, le top du pratique étant ces mêmes appareils avec des liaison sans fil aux mini enceintes.
Offrir un PMP à AA, quelle drôle d’idée!
Pourtant on m’a offert récemment un baladeur, beaucoup plus gros que le Zen V d’antan, un appareil qui est censé représenter le Nec plus ultra du genre. C’est même le plus musical aux dires des Geeks à l’affut de ce genre de produit toujours plus branché et nomade.
COWON X9 noir, testé par AA
Grosse méfiance
Mes proches connaissant ma passion de la musique et mes lubies, ce n’était pas du tout le genre de cadeau auquel j’aurais pu m’attendre. Sur le moment, j’ai regardé le machin d’un œil très circonspect, tout à la fois méfiant et dubitatif. En fait j’ai cru à une blague, à un gag. Je sais, je suis bourré d’ a priori…
Curiosité tout de même
L’ayant connecté en USB à mon PC « labo-son » j’y ai copié quelques uns, une trentaine, de mes fichiers musicaux que j’utilise pour mes tests habituels. Premier constat: c’est lent… le transfert se fait probablement en mode USB1, déjà ça partait mal !
Première écoute
Je n’ai pas été surpris du tout par le son (lamentable à mon goût personnel) qui sort du minuscule haut-parleur intégré. J’ai donc très vite branché les oreillettes intra-auriculaires fournies avec. C’était nettement plus acceptable… Mais Bof, à peine mieux… on restait loin de mes exigences minimales. Rendu sonore pâteux, sans transparence, avec un bas médium hypertrophié pour masquer l’absence de vrai registre grave. Haut du spectre tronqué. Balance générale descendante dont la volonté de séduction commerciale au prix de revient le plus bas possible me semble bien plus évidente que la recherche d’une honnête neutralité musicale. Timbres pauvres et déformés… ça partait de plus en plus mal. Bref ce gadget allait vite se retrouver à partager le même fond de tiroir que son prédécesseur.
Deuxième écoute
Tout de même, pour lui laisser une seconde chance, j’ai débranché les oreillettes d’origine et mis celles que j’utilise pour mes contrôles et monitoring de mon PC labo-son. Ces oreillettes Philips s’utilisent en mode audiophile avec un casque d’isolation phonique, casque qui en modifie aussi la charge acoustique (couple SHE9700 + GERIN, cf fichier 67-audiophile-carte-son-usb.htm ). Ces oreillettes Philips sont normalement branchées sur la sortie casque de haute qualité travaillant en pure classe A de ma carte-son externe optimisée.
Et là, miracle, le son redevenait très correct, voire même agréable. Une certaine transparence réapparaissait. L’appareil semblait donc être surtout pénalisé par les oreillettes de pacotille livrées d’origine. Restait donc à cerner plus finement les qualités musicales du Cowon pour arriver à définir plutôt que des oreillettes, un casque léger qui lui convienne, dans une fourchette de prix raisonnable.
Multimédia, bof
Le baladeur PMP (Portable Multimedia Player, ou Personal Media Player, pour parler Geek) en question est un Cowon X9 doté de 32Go de mémoire Flash. Multimédia parce que le Cowon X9 passe les videos, les photos, il sert de bloc-note, permet d’écouter et d’enregistrer les radios FM… autant de points qui ne sont pas le sujet du présent billet. De nombreux sites sur Internet se chargent de le décrire en détails. Je ne parlerai pas non plus des formats audio compressés qu’il peut lire, qu’ils soient avec ou sans pertes. Je ne me pencherai ici que sur la musicalité obtenue en pur wav 16bits 44,1kHz stéréo et en écoute au casque (tests en mode linéaire, sans corrections par l’égaliseur ou par JetEffect, BBE etc.).
Une écoute approfondie, orientée émotion
Pour moi, AA, la musique c’est d’abord de l’émotion et pas seulement des fréquences. Peu m’importent la courbe de réponse et les mesures… Est-ce que la musique sonne vraie à mes oreilles, est-ce qu’elle est chargée de la même émotion que sur mon système de référence, est-ce que j’y ai autant de plasir à l’écouter, est-ce que c’est susceptible d’une écoute prolongée, pour une symphonie ou un opéra? Voilà les questions qui m’importent.
Par ailleurs, j’ai mes limites personnelles: je n’écoute pas de pop, de rap, de tekno, de hard rock et autres trucs à la mode d’un jour, de DJ inspiré, assez peu de variétés. Ces musiques, je les entends (comment faire autrement? elles passent en boucle sur toutes les radios, à la TV, dans des clips…) mais je ne les écoute pas. Je réserve mon attention aux musiques construites, aux musiques de l’âme, ou à celles qui ont des tripes, du vécu, du sens, qu’elles soient peu ou très écrites, chantées ou non, et de préférence jouées par des instruments acoustiques et non par des électroniques ou des sonos.
Comment réussir le mariage ?
L’écoute attentive du Cowon X9 avec mes outils de référence (oreillettes Philips ou Sony, casque Stax Lambda) m’avait conduit à quelques constats: Les points positifs – Le Cowon X9 est plus musical que d’autres, probablement parce que:
- il possède une batterie de grande capacité (110 heures de musique), donc plus musclée
- il possède une amplification casque assez correcte
- il offre des possibilités de corrections plutôt saines, bien conçues, qui tiennent compte de la psychoacoustique avec les algorithmes développés par BBE http://www.bbesound.com
Les points négatifs – Le Cowon X9 est hélas encore un peu mou, ce n’est pas du vif argent, bien que sa batterie plus importante qu’à l’habitude donne un certain corps au rendu sonore. C’est d’une manière générale le problème des accus et de leur impédance interne, qui amollit la pêche et qui du coup fait un rendu sonore moins vivant. Vue la taille de l’appareil, il est impossible de l’équiper d’excellents mais gros condensateurs Low ESR qui pourraient lui donner la réserve de puissance instantanée qui lui fait défaut.
Small is beautiful, mais la médaille a un revers…
Un cahier des charges
Pour réussir une bonne union avec ce Cowon X9, il fallait donc trouver un casque très réactif, très dynamique pour compenser un peu la mollesse, mais pas une dynamique artificielle payée au prix d’une bosse agressive sur le haut médium – aigu. Le Cowon X9 coûte de 160 à 220€ selon la capacité de mémoire, je me suis mis en quête d’un casque à moins de 100€ pour rester dans un critère de prix homogène, qui ne soit pas délirant. Se fixer comme limite maximale 50% du prix de l’appareil nomade me parait raisonnable pour le casque qui lui sera dédié.
Comme je reste adepte de la musique posée, immobile, écoutée au calme et pas seulement entendue, j’élimine les oreillettes au profit d’un vrai casque, de préférence léger. Enfin, par goût personnel j’élimine les casque fermés dont l’écoute me semble vite très pénible et le rendu sonore artificiel. Les casque fermés ne se justifient que pour des écoutes en milieu très bruyant, et selon moi qu’en usage professionnel.
Le cahier des charges était posé. Allais-je trouver de quoi y répondre?
Petite pause musicale
Un premier tri
Talleyrand disait « Il faut toujours se méfier d’une première impression, car c’est souvent la bonne! »
J’ai ainsi, avec mon Cowon en main, écouté une douzaine de casques dans divers magasins et dans mon entourage. C’est rapide à faire, deux airs tests et 30 secondes de musique pour chacun m’ont suffi pour faire un premier tri. Avec les rescapés, j’ai affiné l’écoute, et rapidement il n’en est resté qu’un seul, le casque Fostex TH-7B. Le finaliste a alors subi deux tests qui tuent… mortels car à la fois inédits et éliminatoires.
Deux tests hors du commun pour le couple Cowon/Fostex
> Le premier test consiste à lire dans le Cowon X9 deux fichiers wav 16b/44,1kHz soit téléchargés sur Qobuz ou rippés en mode NRT. Il s’agit chaque fois d’un même air, classique, dans son format natif qualité CD puis dans sa version wav traitée SARD. La différence musicale entre les deux est subtile mais sans équivoque. Les systèmes audio déficients et/ou non euphonisés gomment toute différence. A ma grande surprise le Cowon X9 s’en tire assez bien. Certes c’est moins flagrant que sur mon système monitoring de référence mais bon, c’est déjà inespéré.
> Le second test consiste à lire un air d’opéra (Haendel, Ariodante, Anne Sophie Von Otter) d’abord sans, puis avec la proximité du psychoacoustiseur MMM. Si le Cowon X9 respecte à peu près les microphases du phonogramme, alors mon cerveau devrait y réagir et compenser les erreurs temporelles du numérique. Et là encore, c’est subtil, mais l’effet attendu est bien au rendez-vous. Les irisations du son autour de la voix sont atténuées, la fluidité générale y gagne, le naturel de la scène sonore aussi.
Test d’écoute Cowon-Fostex avec MMM
Sur le caractère d’externalisation (Verdi, MacBeth, Julia Varady) qui est lié à ce second test, par moments on oublie qu’on écoute au casque et la voix se matérialise en dehors du crâne, loin devant, comme si on écoutait des enceintes. Par contre l’orchestre a du mal à bénéficier du même effet, signe des limites du couple Cowon-Fostex. Le cerveau n’arrive à faire des miracles, aidé en cela par le MMM, qu’avec une matière première musicale d’une certaine qualité, ici c’est juste limite, mais ça marche encore.
Ces deux tests (ne les cherchez pas sur Internet, ce sont des trouvailles de AA – cf fichiers perso de AA à télécharger ici – ) sont donc passés avec succès. Un échec eut été rédhibitoire pour moi.
Les autres faiblesses
Les autres limites du couple Cowon-Fostex sont les attaques et les tuttis orchestraux. L’instantanéité des attaques est loin d’être idéale. La dynamique fine est timide. Les tuttis orchestraux sont à l’avenant, manquant de cette ampleur qui leur donne « l’imperium », manquant aussi de précision dans la différenciation des pupitres. C’est un brin confus. Mais à ce prix et dans ces conditions nomades que peut-on espérer de plus?
Cowon X9 et les listes de lecture
Je rappelle que le format audio wav ne supporte pas les tags, il faut donc que les noms des fichiers .wav soient explicites. Sans tags, pas non plus de titres d’album ni d’interprète, il faut donc s’organiser autrement.
J’avais espéré en lisant en ligne la notice .pdf du Cowon pouvoir utiliser les listes de lecture. Hélas le Cowon X9 n’indique pas le type de Playlist qu’il gère. Je n’ai pas réussi à lui en faire reconnaitre une, en aucun format, ni bien sûr en M3U. Son système d’exploitation, parait-il intuitif, de Favoris ou de Bookmark pour générer des sélections est tout sauf pratique et encore moins intuitif. Un prochain firmware devrait y remédier, du moins c’est à espérer. Donc pour parvenir à gérer mes wav, j’ai créé autant de dossiers que d’albums ou de CD audios.
Bilan final
Le couple Cowon + Fostex n’est probablement pas le meilleur qui soit, car des casques ou des oreillettes de haut de gamme pourraient peut-être faire musicalement mieux, mais à quel prix et lesquels? Par contre le rapport qualité musicale/prix du Cowon + Fostex me semble difficile à battre en solutions nomades.
Le couple gagnant Cowon-x9 & Fostex-TH-7B
J’ai choisi un casque qui m’a coûté 74€ port compris, chez Thomann (publicité gratuite) : FOSTEX TH-7B Stereo Headphones – semi-open dynamic, 70 Ohms impedance, rated input thomann 23mW, frequency response: 20Hz-22kHz, Maxiumum Sound pressure level 118dB sensitivity, high grade synthetic leather ear pads, colour black, weight 260g (without cable) Cable length: 1,2m (with 3.5mm stereo mini-jack) included extension chord 1,5 m with 6,3mm stereo plug .
Semi ouvert, le casque Fostex possède des petits trous de décompression autour du carré que l’on voit sur les écouteurs. Appliqué sur les oreilles, il n’est pas circum-aural , n’isole que peu du bruit ambiant. Par contre on peut vous parler sans devoir hurler, ni devoir ôter le casque, et le son qui fuit par le casque restera très discret pour votre entourage, même proche.
Pas audiophile mais…
Le couple Cowon + Fostex n’est pas non plus totalement transparent, ni très piqué, incisif, ni les timbres rutilants et jouissifs. Heureusement les labiales sont tout de même mouillées, et le peps, la vie sont discrètement présents. Les amateurs de décibels à fond les manettes, qui veulent s’éclater les neurones, quitte à abîmer irrémédiablement leurs oreilles, resteront probablement sur leur faim. Je dois dire que je n’ai pas testé cet aspect « sono tonitruante » car j’estime que plus un système est bon et plus la musique peut se savourer à faible volume sonore. Justement, pour cette écoute à niveau très modéré, j’ai pu utiliser la correction BBE ou BBE ViVa du Cowon, très transparente, sans effets pervers sur la scène sonore, qui correspond un peu à la courbe physiologique de l’oreille (courbes isosoniques de Fletcher et Munson ci-dessous). Le choix est vaste avec plus de 30 préréglages possibles BBE ou autres DSP pour tous les types de musiques et pour les amateurs d’effets spéciaux spectaculaires genre home-cinéma.
Courbe isosonique de l’oreille
En fait avec ce couple Cowon + Fostex tout est moindre que sur mon système de référence, mais de façon homogène, uniforme, sans déséquilibre majeur, et c’est cela qui compte à mes oreilles. Il ne vous transporte pas d’une joie explosive vous laissant ébahi, pantois, mais il fait honnêtement son travail, en tous cas largement mieux que tous les autres baladeurs que j’ai eu l’occasion d’entendre. On arrive même à l’oublier assez facilement au profit de la musique.
C’est à coup sûr un baladeur que j’utiliserai (cet été, sous un parasol confortablement installé sur ma chaise longue, par exemple, oui, je le sens bien, et pourquoi pas avec un petit MMM) et qui ne devrait pas être relégué à jamais au fond d’un tiroir. Les amateurs moins exigeants que moi pourront aussi se tourner vers le FLAC 16/44,1 sans pertes et bénéficier des tags qu’ils y ont déjà placés.
Petite pause musicale
Émotion à fleur de peau?
Pas vraiment! Du moins en l’état, avec des fichiers qualité CD laissés brut de téléchargement, surtout en FLAC. Pour bénéficier de plus d’émotion et de plus de naturel il faut des fichiers wav, traités ensuite en SARD. Le format wav reste donc recommandé, voire indispensable pour ce Cowon X9 si on privilégie la musicalité et l’expressivité.
La référence absolue reste cependant le wav SARD++ qui utilise une RAM DDR3 rapide, un player audio optimisé monté dans cette même RAM, une carte-son externe euphonisée EMU 0202 ou 0204 et donc un PC portable, de préférence silencieux.
Depuis, le constructeur coréen a ajouté un nouveau modèle, d’aspect semblable au X9, le Cowon Z2 qui se connecte en Wifi et Bluetooth, le tout avec un système d’exploitation Androïd. L’écran est devenu Amoled. Si le prix a sensiblement augmenté, par contre la durée de l’autonomie en musique a considérablement baissée, passant de 110h à 22h. Batterie plus chétive? ou bien consommation accrue? Dans le premier cas ça pourrait bien nuire au rendu sonore. Pour en savoir plus lisez-en le Banc d’essai de Qobuz.
Dans un billet du 11 novembre 2012, intitulé « Connaissez-vous Wilkie? » je rendais hommage aux pionniers de l’enregistrement stéréo, au travers de la personne de Kenneth Wilkinson (Wilkie).
Le billet d’aujourd’hui pourrait s’intituler « Connaissez-vous Brian? »
En fait ils sont trois: Brian, Ralph et Philip Couzens. Ces noms ne vous disent rien? Pourtant, si vous êtes amateur de musique classique, vous les connaissez, et même bien, au moins pour Brian Couzens, au travers du label Chandos. Brian Couzens est en effet le fondateur de Chandos Records en 1979, et c’est une affaire de famille.
Brian Couzens, Sir Charles Mackerras, Ralph Couzens
A l’époque, dans les années 70, Brian Couzens faisait partie d’une équipe d’enregistrement mobile, et il travaillait pour les grands labels, RCA, EMI etc. Brian Couzens fait donc partie de ces pionniers tout autant mélomanes et musiciens que techniciens. Il a d’ailleurs commencé comme arrangeur et orchestrateur.
Anniversaire: 30 Years of Chandos – An Interview with Brian and Ralph Couzens.
La qualité du travail de Chandos a été récompensée à plusieurs reprises.
Grammy Award
En 2013, Chandos s’est même vu décerné un double Grammy award classique pour « Life and Breath » – Best Choral Recording & Best Engineered recording – , trophée que brandit fièrement Ralph Couzens.
Si je parle aujourd’hui du label Chandos, c’est pour trois raisons:
- La première est un CD Chandos déjà ancien: Rimsky Korsakov, Shéhérazade avec le National Scottish Orchestra dirigé par Neeme Jarvi (1986). Enregistrement qui a la particularité d’avoir été produit par Brian, dont la prise de son a été faite par Ralph, avec Philip comme assistant.
Un vrai travail en famille, ce qui n’est tellement pas courant dans la profession.
- La deuxième raison est que c’est un enregistrement réussi, magnifique. Il fait partie depuis longtemps de ma compilation en ligne. Assurément ce disque tant pour l’interprétation que pour la prise de son est à classer parmi les meilleurs.(*)
Petite pause musicale
- La troisième raison est que ce disque n’est plus disponible en CD. On ne peut l’obtenir sous forme de disque qu’en CDR (et c’est moins bon qu’un pressage!) en faisant une demande dans le service archives du site. Heureusement on peut le télécharger en qualité CD sur l’espace « The classical shop« , de Chandos (9,99 Livres Sterling soit moins de 12€). Chandos a bien compris que le téléchargement en qualité CD était une opportunité à saisir! Un exemple à suivre pour bon nombre d’éditeurs encore frileux.
CD épuisé, non réédité, circulez il n’y a plus rien à voir… ni à entendre!
Combien de merveilleux enregistrements en CD, ou de bandes analogiques numérisées, qui pourraient satisfaire des vieux mélomanes et susciter l’intérêt de jeunes générations restent introuvables en 2013? Bien trop à mon goût.
Pire, des bandes master analogiques sont parfois détruites, ou s’égarent, d’autres se dégradent doucement mais surement oubliées sur un rayonnage poussiéreux. Par exemple bon nombre de mes plus vieux 33T vinyles sont très fatigués et n’ont jamais été remastérisés par leurs maisons d’édition, sauf à être numérisés par moi pour mes archives personnelles.
Rafael Puyana joue le Padre Soler
Rafael Puyana, par exemple, avec un fandango du padre Antonio Soler ébouriffant joué sur un clavecin exceptionnel, voire unique! (clavecin de concert construit spécialement pour lui par Pleyel, et possédant une sonorité hors pair, ce « magnifique ferraillement » célébré par Wanda Landowska et dont Puyana fut l’élève.)
Un petit hommage à Rafael Puyana: Domenico Scarlatti – Fandango – Clavecin Hass 1740
Réécoutez Rafael Puyana se raconter sur France Musique au micro de Marcel Quillévéré dans les Traverses du temps.
La bouée de sauvetage du téléchargement et de la musique dématérialisée qualité CD
Dans une interview à Musicweb international Brian Couzens s’inquiète de la baisse des ventes de CD depuis plusieurs années et de la survie menacée de petits labels comme le sien. Il voit dans le nouvel et timide essor du téléchargement légal, aux USA et ailleurs, une petite lueur d’espoir.
Les fonds de catalogue
Alors encore une fois je lance un appel: Messieurs les éditeurs, au lieu de les laisser dormir, inutiles et improductifs, mettez vos fonds de catalogue massivement à la disposition des sites de téléchargement sérieux, en qualité CD wav 16 bits 44,1 kHz. Vous aurez la possibilité avec ces titres depuis longtemps amortis de vous refaire un peu de santé financière!
Petite pause musicale
Pourquoi pas des souscriptions pour du classique
Le CDaudio, c’est coûteux à presser, à distribuer, à stocker. Aujourd’hui il n’est plus indispensable. Les coûts de production de nouveaux albums 100% dématérialisés seront allégés d’autant. Reste à trouver le financement pour des projets ambitieux car en classique ce sont souvent par des coups de cœur que les choses commencent. Et compte tenu du nouvel modèle économique il faut s’adapter. Le concert d’abord, en live, avec le public et ensuite Internet, ou bien avant, en souscriptions.
Le Web permet de faire aisément des souscriptions d’avance, des participations, bref tout un système de financement mondial est possible. On faisait déjà de telles souscriptions pour les grosses productions, les intégrales, les éditions spéciales, les coffrets évènements en 33T vinyles dans les années 60 ! C’est autrement plus facile et avec une audience bien plus vaste sur Internet. La variété, la pop, le rock, le rap et autres lancent bien des souscriptions sur le Web pour financer leurs albums, pourquoi pas le classique?
D’autres arts le font et ça marche!
Ainsi le Musée des Beaux Arts de Lyon a-t-il pu acquérir en 2012 le tableau « L’Arétin et l’envoyé de Charles Quint » grâce à une souscription publique de 80.000 euros ayant réuni 1536 donateurs. Le Musée du Louvre l’avait déjà fait avec succès en 2011 collectant un million d’Euros en un mois. Source toutelaculture.com
Éditeurs, grands et petits labels, votre fond de catalogue peut revivre grâce à la dématérialisation de la musique en haute qualité, au téléchargement et au streaming. Les financements, au moins en partie, peuvent se faire grâce à Internet. C’est l’avenir de la musique enregistrée, votre avenir…
(*) Mes versions de référence de Shéhérazade, en ordre décroissant:
Svetlanov 1969
Kondrachine 1980
Reiner 1960
Karajan 1967
Ashkenazy 1987
à part, historique, hors classement, une version live au théâtre des Champs Elysées, Monteux 1958 (mono)
La version Neeme Jarvi 1966 vient dans les 4 premières, équilibrée, ample, à la fois homogène et précise
La version Svetlanov chez Melodiya est à mon avis hors concours, elle se détache du peloton. Version nerveuse, voire virile, elle est tout sauf mièvre. La prise de son est à l’unisson, d’une limpidité ahurissante, comme taillée au scalpel à l’image de son chef légendaire, des timbres rutilants, avec une scène sonore transparente qui semble infinie dans les trois dimensions. Mieux que du 7.1 déjà en 1969 ! Au Panthéon des grands ingénieurs du son on peut rajouter Alexander Grossman de chez Melodiya dans les années 60.
Pour avoir le meilleur de la hi-fi, c’est-à-dire pour que la chaine s’oublie, trois conditions suffisent:
Trois conditions suffisent pour la Hi-Fi en qualité audiophile
1°) Il suffit de télécharger le fichier audio source en qualité CD, c’est-à-dire en wav 16 bits 44,1 kHz stéréo.
2°) Il faut le traiter et le lire en SARD++, le seul mode de lecture dématérialisée vraie
3°) Il faut euphoniser la chaine hi-fi et son contexte, en amont comme en aval.
Si ces trois conditions sont satisfaites, peu importe alors la qualité de l’ampli et des enceintes. Cela devient assez secondaire. Toute chaine hi-fi, même une micro chaine à dock iPhone ou iPod, même des petites enceintes actives de PC en 2.1, se met à faire de la musique au lieu de faire semblant, de faire du bruit, à fortiori avec une « vraie » chaine hi-fi à éléments séparés. On n’écoute plus une chaine, on écoute seulement la musique et ça fait une énorme différence, y compris sur du matériel haut de gamme.
Des sites de téléchargement comme Qobuz commencent à proposer un choix assez large de titres et d’albums en qualité CD. La qualité CD suffit à satisfaire même le mélomane audiophile le plus exigeant sans avoir besoin de recourir aux fichiers master 24 bits.
Retraiter en SARD le fichier wav téléchargé est facile et gratuit, le lire ensuite en SARD++ ne nécessite qu’un PC portable silencieux, avec assez de RAM en DDR3 et une carte-son externe de haute qualité mais très peu onéreuse.
La dernière condition à remplir, l’euphonisation générale, n’est pas techniquement difficile ni coûteuse mais demande d’accepter d’y consacrer un peu de temps.
Petite pause musicale
Les disques durs externes de 500Mo et de 1To sont aujourd’hui très abordables, on peut donc avoir de l’espace de stockage sans devoir recourir aux fichiers compressés avec perte (mp3, wma) qui sont des tueurs de musicalité.
Tout est décrit, expliqué en détail, abondamment illustré dans les fichiers perso de AA .
Si vous savez compter jusqu’à trois vous avez toutes les compétences requises pour y arriver.
Si vous trouvez que votre chaine hi-fi ne répond pas à vos attentes… donnez lui les moyens de s’exprimer!
Combien de fois vous êtes-vous fait la réflexion: « il faudrait que je change de chaine, ou au moins de lecteur CD » et cela parce que très rapidement certains CDs vous semblent désagréables ou sans intérêt, passé leur première audition. Il y a des CDs que vous n’avez même pas écoutés en entier.
C’est révélateur. Certes, c’est déjà un signe, une alerte, mais négative.
On peut faire un test plus positif en se posant une autre question: « Combien d’œuvres musicales ai-je écouté à de nombreuses reprises en leur trouvant chaque fois un intérêt renouvelé comme si je les découvrais pour la première fois, sans jamais me lasser? Si la réponse se compte sur les doigts de la main ou pire, si c’est zéro, la première pensée qui vous vient sera: « Eh bien, oui, il faut vraiment que je me décide à changer ma chaine Hi-Fi ».
Vous en concluez donc un peu vite: « C’est la faute à la chaine! » Et vous avez probablement tort, car en réalité vous n’avez jamais entendu votre chaine Hi-Fi dans de bonnes conditions d’épanouissement.
Découvrez votre chaine Hi-Fi !
Votre chaine stéréo actuelle a toutes les chances d’être largement capable de répondre positivement aux deux réflexions posées. Simplement, ce que vous entendez actuellement ne reflète que très médiocrement ce qu’elle pourrait vraiment offrir. En effet toute votre chaine Hi-Fi (lecteur CD, ampli intégré, enceintes acoustiques) ne constitue qu’un maillon d’une autre chaine bien plus large, la grande, celle globale de l’écoute à domicile de musique enregistrée, c’est ce que j’appelle « la chaine audio totale » ou CAT pour faire court.
Petite pause musicale
De quoi se compose donc la chaine audio totale?
C’est tout ce qui fait et contribue à faire le son Hi-Fi chez vous, à savoir:
- En premier lieu, la pièce d’écoute, son silence, ses dimensions, sa forme, son acoustique, son mobilier.
- En second lieu vient votre courant secteur, sa qualité et la qualité de votre prise de terre, et ce que tous deux transportent comme éléments perturbateurs.
- En troisième viennent les champs électromagnétiques ambiants, les rayonnements divers générés par les gadgets de la vie communicante moderne.
- En quatrième viennent les propriétés moléculaires de l’air ambiant, cet air qui va véhiculer les ondes sonores jusqu’à vos oreilles.
- En cinq intervient la source musicale, le phonogramme.
- En six intervient le support choisi pour lire ledit phonogramme
- En septième seulement intervient la chaine hi-fi, prise au sens habituel, lecteur, ampli, enceintes, disposition.
Alors, quand vous écoutez un CD audio du commerce sur votre chaine stéréo installée en moins de dix minutes, sans vous être préoccupé de quoi que ce soit d’autre que le WAF, ce que vous entendez n’a pas grand chose de commun avec ce que le compositeur, l’artiste ou le chef d’orchestre a voulu transmettre. Souvent ça ne rend pas justice non plus au travail du preneur de son talentueux. Quel dommage!
Au moins le minimum
Déjà, le fait d’avoir une pièce calme, à l’acoustique ni trop mate ni trop réverbérante et d’avoir cherché un placement des enceintes qui évite d’exciter trop les ondes stationnaires apportera une importante amélioration (voir CD boom test). Disons que le premier tiers du chemin sera fait, indispensable, mais pas suffisant! Et pour la musicalité, l’émotion, la vie… ce sont les deux autres tiers qui sont importants.
Vous, votre cerveau, votre culture musicale, vos goûts
Il faudrait même ajouter un huitième facteur, pour vraiment tout inclure dans la chaine audio totale – CAT – . C’est votre disposition mentale à recevoir et à interpréter le discours musical. Ne croyez pas que ce soit un paramètre naturel, inné et intangible, immuable. Écouter la musique, cela s’apprend, tout comme le goût s’éduque.
Enrichir ses références musicales, cela se construit avec le temps. C’est se faire sa culture musicale. Et plus on a de culture musicale plus on devient curieux des autres genres musicaux!
Jouer avec sa perception de l’univers musical est aussi faisable. Cela peut se manipuler, comme en témoignent les nombreux procédés qui utilisent la psychoacoustique et ce depuis longtemps déjà (courbes d’égalisation, pondération, Dolby, mp3, dithering… et bien d’autres applications cliquez ici ). Mieux, la perception du discours musical par le cerveau, cela peut se booster avec des moyens simples, sans prendre des vitamines, du phosphore ou autre médication!
Petite pause musicale
Comment faire?
Guide de l’euphonie
Les quatre premiers éléments contributifs de la CAT sont largement optimisables par le biais de l’euphonisation (voir le Guide de l’euphonie – fichiers 31 à 63)
Le cinquième bénéficie aujourd’hui de la qualité du son numérique PCM en 16 bits 44,1kHz, récupérable depuis tout CD audio du commerce par la NRT, (ou téléchargeable chez Qobuz) et soit dit en passant, il n’est nul besoin de fichiers sources en 24 bits.
Le sixième bénéficie désormais de la lecture audio en mode dématérialisé vrai SARD++
En 7ème lieu, c’est votre chaine Hi-Fi actuelle. Et que vous pouvez conserver pratiquement telle quelle (sauf peut-être à en revendre le lecteur CD de salon* s’il a encore une bonne valeur marchande, mais dépêchez-vous!)
Download – Téléchargement des fichiers de AA
Download – Téléchargement des fichiers de l’audiophile AA
Pour télécharger les fichiers perso de AA (image iso prête à graver ou prête à lire depuis le disque dur), les mises-à-jour, les airs tests et aussi avoir accès au AAClub audiophile, il suffit d’obtenir un Login et un mot de passe: cliquez ici
La touche finale
En 8ème lieu, cette ultime étape sera pour plus tard, comme la cerise posée sur le gâteau, quand vous aurez bien avancé sur les 7 premiers points… c’est la neuropsychologie appliquée à la perception de la hi-fi…
L’oreille transmet, le cerveau interprète (psychoacoustique)
Pour moins de 30 euros, fabriquez donc un petit psychoacoustiseur MMM, Micro Minorg Magnétique… et boostez votre cerveau musical. Et si vous saisissez mal ce concept très novateur, ce n’est pas grave, vous comprendrez vite… après.
(*) L’argent récupéré de la revente de votre lecteur CD de salon pourra s’investir dans un PC portable audiophile silencieux équipé en mémoire DDR3 avec une carte-son de qualité EMU0202 ou 0204 USB pour bénéficier du SARD++
Un PC qui fait plus de musique que tout autre système grâce au SARD++
Quelle chaine Hi-Fi en 2013?
Si vous avez vraiment envie de changer toute votre chaine hi-fi, ou si vous vous équipez pour la première fois de manière un peu sérieuse, alors voici un petit guide en fonction de vos possibilités financières et de votre living-room… Une chaine hi-fi audiophile en 2013, à quel prix?
Une fois que la chaine hi-fi est parfaitement euphonisée ainsi que son contexte local aérien et électromagnétique, c’est terminé. L’optimum de transparence sonore est atteint. S’il y avait quelque chose à gagner, c’était peut-être en amont de la chaine, au niveau du phonogramme lui-même, le fichier source audio. La NRT (New Ripping technology) a résolu ce que je pensais être l’ultime bonus musical possible.
L’audiophile apiguide AA
En fait j’avais omis un facteur essentiel, non plus en amont comme le fichier source, mais en aval… mon cerveau! Ce cerveau humain qui transforme les sons en musique. Je ne pensais pas qu’il y avait quoi que ce soit à glaner de ce côté, n’étant pas adepte de la fumette ni d’autres substances stupéfiantes et hallucinogènes (ma seule drogue, c’est la musique!). Le hasard est venu m’aider une fois de plus… en m’envoyant une bonne fée, la fée Psycho, qui me murmure souvent à l’oreille! (ma fée « Psycho » n’a rien à voir avec la fée Clochette. Elle serait plus proche de la Psyché de la mythologie grecque, l’allégorie de l’âme, le souffle de vie, et pour moi, l’inspiration…)
La Psycho-acoustique à la rescousse
La psychoacoustique est l’étude des sensations auditives de l’homme. Elle se situe à la frontière entre l’acoustique, la physiologie de l’oreille et la neuropsychologie. Un appareil qui agirait sur ces trois paramètres à la fois pourrait donc être baptisé « Psychoacoustiseur ». C’est exactement le cas du Micro Minorg Magnétique (ou MMM pour faire court)
Micro Minorg Magnetique – le 1er psychoacoustiseur au monde
Une autre écoute!
Le gain musical consiste en une sorte de resynchronisation mentale. C’est d’après moi sur la perception binaurale que cela se joue. Un peu comme le fait le Syntoniseur distant(voir les dossiers 126, 127, 129 et 134). Le perçu sonore, ainsi recalé en synchro temporelle, fait disparaitre une irisation du son, un petit halo superflu autour des objets sonores, voix ou instruments. Les objets sont plus nets, plus lisses, mieux cernés, inscrits de façon plus pure, plus nette, se démarquant mieux sur un fond plus noir, mieux ancrés dans une scène sonore plus vraie, tangible, crédible à l’évidence, et aussi apaisée, sereine. Le phénomène psychoacoustique est complexe et pourrait bien consister en une capacité accrue du cerveau à isoler le son utile au sein du bruit de fond, les instruments au sein de l’orchestre, les voix au sein des chœurs. Au delà de l’effet de masque bien connu en psychoacoustique, c’est un effet complémentaire qui apparait avec le MMM, non plus masquant, mais révélant!
Le seuil de perception s’affine, donnant le sentiment d’un gain du rapport signal sur bruit qui se ferait par le bas, le seuil de discrimination s’abaisse de 12 dB subjectifs et on différencie mieux les musiciens, les chanteurs, plus d’air circule entre les pupitres, l’étagement en profondeur se perçoit mieux, ainsi que l’acoustique du lieu.
Plus de sérénité, oui, mais explosive!
Cela semble paradoxal et pourtant c’est bien cela. Les sons éclatent littéralement de vie comme s’ils étaient émis dans la pièce, ou plutôt dans le lieu de l’enregistrement qui s’est ouvert dans la pièce.
La notion de peps, de pêche, d’allant surprend à chaque instant. C’est la musique qui se créée devant vous, sur l’instant, avec cette immédiateté du son vrai qui emporte l’adhésion du cerveau.
Le MMM est minuscule (haut de quelques cm), peu onéreux (moins de 30€ de composants), facile à fabriquer, facile à placer et à enlever (WAF compatible), hors la vue pendant un concert, et il devrait marcher pratiquement dans tous les contextes, en lecture dématérialisée ou en lecture CD, depuis le disque dur ou en SARD++… c’est un caméléon qui s’adapte aux circonstances. Sobre, il ne se branche à rien, n’a pas de piles, ne consomme rien et devrait être quasi éternel. Le MMM marche dans mon salon et aussi avec les mini enceintes de mon PC de bureau, et même avec les oreillettes intra-auriculaires ou avec le casque!
Une utilisation simplissime
On pose le MMM à l’endroit idéal (très vite déterminé), on l’oriente comme il faut, on s’assied dans son fauteuil au meilleur point d’écoute et… on savoure une musique comme jamais on n’avait osé l’espérer sur une chaine hi-fi, quel qu’en soit le prix. Magie du Psychoacoustiseur MMM !
Le fichier 135 (voir espace de téléchargement) comporte des explications, des schémas, des mesures, des chiffres, des liens vers des sources très sérieuses du plus haut niveau… ceci pour les esprits scientifiques. Pour les mélomanes bricoleurs simplement pragmatiques il y a la liste des ingrédients à réunir, des photos explicites, le howto et cela suffira largement à leur bonheur. Pas une seule soudure à faire, aucun composant électronique, aucun branchement électrique, rien à visser ou clouer… on assemble et c’est tout.
Pour la petite histoire, j’y raconte aussi comment j’ai découvert l’effet du MMM, tout-à-fait incidemment… et c’est en outre une anecdote qui montre tout l’intérêt du savoir-écouter!
NB. Vous trouverez un Super Bonus à la fin du dossier 135 : Une expérience de surréalité musicale augmentée grâce à la psychoacoustique et au MMM. (Quand la mise en disponibilité des neurones affectés à la vision permet de les réaffecter en partie à l’audition, aidé en cela par le MMM, on plonge alors dans une autre dimension de la musique… jamais la hi-fi « autrement » n’aura autant justifié ce qualificatif! Décoiffant !) Pour en savoir plus: transcranial magnetic stimulation (TMS) - transcranial direct current stimulation (tDCS)
Avant, Pendant, Après
Les trois grandes périodes qui conditionnent l’écoute à domicile de musique sur une chaine hi-fi sont désormais bouclées: Avant : c’est le phonogramme, le fichier source audio, son extraction (NRT) et son traitement (SARD). Pendant : c’est la reproduction du fichier source par la chaine hi-fi, c’est la chaine hi-fi prise dans son sens habituel. Après : c’est ce qu’en fait notre cerveau, pour transformer des ondes de pressions aériennes en musique.
Oui, après quelques décennies de recherches perso, je crois bien que la boucle est enfin bouclée.
La musique en directe au cerveau – le futur de la hi-fi
Dans un futur lointain peut-être saura-t-on stimuler directement les zones auditives du cerveau, et à ce moment-là la chaine hi-fi disparaitra. En attendant profitons de la musique avec les outils du XXIè siècle qui n’auront jamais aussi bien sonné.
Site à visiter : Puisque que vous êtes résolument ancré dans votre époque, découvrez donc la musique savante de notre temps avec le Portail de la musique contemporaine en France - French Gateway to Contemporary Music Resources. Un moteur de recherche sur la création musicale depuis 1945 : livres, partitions, enregistrements sonores, vidéos, agenda…
Pour la musique en général
Toutes les bidouilles de AA servent la musique, toute la musique, et pas seulement la musique dite classique car la musique « classique », ça n’existe pas comme le dit si bien, avec humour… et un brin d’irritation, l’immense violoniste Ivry Gitlis:
Dans cette interview Ivry Gitlis parle aussi du silence sans lequel la musique n’existerait pas. C’est un fait qu’on pourrait dire que les bidouilles de AA servent la musique mais tout autant qu’elles servent le silence, pour le magnifier, le rendre sensible, tangible, afin que la musique s’y inscrive de manière encore plus émouvante, vivante…
Ce cher silence!
Bruit ambiant et écoute audiophile
Le silence sert d’écrin à la musique. La toute première condition pour avoir une bonne hi-fi n’est parfois pas facile à obtenir, surtout en ville. Le bruit ambiant le plus bas possible est souvent un luxe. Moi, j’ai la chance d’être bien en dessous de 30 dB de bruit ambiant dans mon salon, et vous ? Quel niveau de bruit avez-vous? 30 à 33 dB c’est, d’après moi, un maximum pour prétendre à des conditions d’écoute de qualité audiophile. Pour mesurer le bruit ambiant dans votre living-room ou votre salon de musique, utilisez l’appli gratuite Sound meter pour votre tél. mobile Androïd ou l’appli Sonomètre pour votre iPhone.
Mais attention, c’est ensuite à votre chaine hi-fi de faire en sorte que ce silence acquiert ses propriétés musicales. En hi-fi il est en effet des silences morts, plats, ternes, souvent attribués à tort au numérique, et il est des silences vivants, noirs et profonds mais habités et qui accueillent merveilleusement la musique. C’est en grande partie une question d’euphonisation.
Découvrez donc un sympathique petit label, Artefactum, qui est situé en Andalousie, à Séville au Sud de l’Espagne. Les musiciens sont pour la plupart enseignants au Conservatoire Supérieur de Musique de Séville.
De la Taberna a la Corte
Le CD qui m’a attiré l’oreille est intitulé « De la Taberna a la Corte » (de la taverne à la cour) et il est déjà ancien puisqu’il a été réalisé en 1996. Il reprend en partie le codex original des Carmina Burana, une compilation de chants laïques en allemand, latin et français du XIIIe siècle conservée à l’abbaye de Benediktbeuern en Bavière. A ne pas confondre avec l’arrangement célèbre qu’en a fait Carl Orff en 1937. On est ici vous l’avez compris dans la musique ancienne, presque authentique, dépouillée, brute de fonderie. Les morceaux ont été enregistrés en studio mais la prise de son et le mixage ont été bien faits, avec une image bien construite et assez aérée pour restituer une scène sonore crédible (*) pour le morceau « phare » du CD, la plage 2: In taberna quando sumus (CB 196).
Petite pause musicale
In Taberna quando sumus – Artefactum
On retrouve avec In taberna quando sumus l’ambiance d’une taverne, avec ses chansons à boire, ses clients grossiers, éméchés ou même ivres… et une musique à la fois frustre, vive, festive qui parodie la messe et bouscule l’ordre établi. Il se dégage une atmosphère païenne bon enfant, assez vulgaire mais jouissive qui rappelle tout à fait l’esprit de la version des Carmina donnée par René Clemencic en 1975 (chez Harmonia Mundi).
Les autres plages du CD ne manquant pas d’attrait, bien au contraire…
Petite pause musicale
La musique médiévale, c’est aussi la fête!
Pourquoi la musique devrait-elle être austère et ampoulée? Même les pèlerins arrivant à l’abbaye de Montserrat savaient se divertir en musique (écoutez donc Ad mortem festinamus – Llibre vermell de Montserrat, Hesperion XX 1979). La version Artefactum n’est pas aussi riche en instruments atypiques, en voix « trognes », en timbres et en couleurs que celle de Clemencic mais elle reste très séduisante. C’est simplement une taverne un peu bruyante et à ce titre elle a un côté même encore plus véridique que la version Clemencic.
Autre CD d’Artefactum, « Tempus est iocundum », toujours en musique ancienne. Il n’a pas été enregistré en studio mais dans la chapelle intérieure de l’ancien séminaire des jésuites de Séville, en 2001. La prise de son est faite de plus loin avec la volonté, je suppose, de bénéficier d’une acoustique naturelle plus réverbérée qu’en studio. L’idée était en effet séduisante. Hélas le son est capté juste d’un peu trop loin et l’acoustique empiète trop sur la musique, appauvrissant les timbres et rendant le son plus métallique, plus acide, plus froid. Les voix en pâtissent aussi. Mais cela donne un côté « live » de prise faite par un chasseur de son, faite comme par surprise, qui a un certain charme. Un méritant travail de recherche a été réalisé pour ce large aperçu de la musique profane médiévale qui va des troubadours ( Rimbaut de Vaqueiras ) à Alfonse X le Sage.
Early Music – Musique ancienne, médiévale
Pour les mélomanes amateurs de musique ancienne, friands de timbres instrumentaux variés et de voix typées, truculentes, rechercher les CDs du Studio der frühen Musik de Thomas Binkley et ceux du New London Consort de Philip Pickett (Feast of fools, Carmina etc.) … nonobstant dans un autre répertoire ancien, grégorien et/ou byzantin, les magnifiques voix des choristes de Marcel Peres (Compostela Ad vesperas sancti Jacobi Codex Calixtinus)…
Petite pause musicale
Jorge de Burgos (film Le nom de la rose)
On a le sentiment avec cet enregistrement, le Dum pater familias (Hymnus Peregrinorum), de se retrouver dans le monastère du film Le nom de la rose(J-J Annaud 1986), et on n’est pas surpris de se sentir assis à côté de Guillaume de Baskerville à droite et de Jorge de Burgos à gauche. Brrr… avec un petit frisson.
(*) Une scène sonore crédible en largeur et profondeur se forme avec une chaine hi-fi bien réglée. Ensuite la vie, la pêche, l’allant deviennent évidents, jubilatoires, avec une bonne euphonisation. Cette dernière s’obtient désormais plus facilement avec le Syntoniseur distant muni de son potentiomètre magnétique