Disque noir vinyle vs Compact Disc Audio
J’ai fait un petit tour du nombre de disques proposés dans la toute nouvelle boutique dédiée au Vinyle du plus grand marchand en ligne de musique:
En classique: Renaissance (182), Baroque (1 309), Classique (3 068), Romantique (5 336), Moderne & XXe siècle (1 001), Contemporaine (103) soit au total plus de 10 000 disques noirs ! et de nombreux labels s’y sont mis (ou remis): Deutsche Grammophon (1 782), Decca (1 607), Philips (1 068), EMI Classics (976), RCA (748), Harmonia Mundi (126), Erato (111, Teldec (40), Sony Classical (25), Virgin Classics (10), Warner Classics (8), Universal Classics (5), Brilliant Classics (1), Naive (1), Naxos (1)
Et dans les autres genres musicaux, beaucoup plus populaires que le classique, ce sont bien sûr trente fois plus de titres qui sont proposés en vinyle: Jazz, Chanson française, Pop, Rock, Folk, Blues, Country, Musiques électroniques, Hard Rock, Metal, Soul, R&B, Funk, Rap & Hip-Hop, Indé & alternatif, Musiques du monde, Bandes originales etc. la boutique vinyle en question annonce un choix de plus de 300 000 disques noirs !
C’est certainement un choix (quantitatif) encore plus vaste que dans les années 75 – 80, époque où il y avait encore des disquaires ! Mais c’étaient des magasins bien réels, souvent des boutiques, avec du stock physique et un espace limité. Impossible matériellement et financièrement de pouvoir y proposer un tel choix. La révolution Internet c’est aussi celle du eCommerce. Le choix peut paraitre impressionnant, en fait les vraies rééditions sont rares et de nombreux disques noirs sont des vieux fonds de catalogue ancien, voire des disques d’occasion. La quantité de l’offre n’en fait pas la qualité. Rien à voir avec le catalogue actuel disponible sous la forme de CD audio.
Les disques microsillons vinyles ont leur propre jargon. Un single n’a rien à voir avec le 33T 30cm de jadis. Single, EP, LP, Remix, Album, Album concert, Compilation, Split… Toutes les explications sur ces formats par vinylmaniaque.com
Histoire du disque microsillon vinyle, par Wikipedia
Une génération après
30 ans après la sortie des premiers Compact-discs, non seulement une frange du public reste nostalgique du vieux disque noir ou bien le redécouvre, mais des mélomanes fortunés semblent délaisser le CD audio pour retourner au support analogique.
Mélomanes? oui, car la différence entre le disque vinyle et le CD se fait sur l’émotion, si facile à transmettre sur la galette noire et si difficile à retrouver sur le CD audio.
Fortunés ces mélomanes? oui, car les disques noirs pressés en 2012 sont vendus 2 à 4 fois (ou plus) le prix de CDs équivalents (et bien sûr souvent à contenu plus long).
Très fortunés? oui, aussi, parce que l’engouement rétro pour le 33T/minute a fait refabriquer des platines TD sophistiquées, fort chères, et produire des cellules de lecture vendues à prix d’or, que dis-je, au prix du diamant.
Petite pause musicale
Une bouée de sauvetage commerciale
Les majors de l’édition ont bien compris qu’ils ont tout à y gagner, de nouvelles marges, un fonds de catalogue déjà amorti à exploiter (vente des licences) et surtout… zéro téléchargement illégal avec ces amateurs de vinyle!
L’industrie du disque , éternelle moribonde (à ce qu’elle dit depuis des années) vise dans ce marché de niche une clientèle à fort pouvoir d’achat. C’est la possibilité de refaire quelques juteux bénéfices. Les fabricants de matériels audio, peut-être aussi mal en point que les éditeurs de musique, y voient un second marché qui s’ouvre, à côté de la toute nouvelle mode des convertisseurs N/A externes qui accompagne la dématérialisation de la musique. C’est d’autant bien venu que le marché de la hi-stéréo avait dérivé depuis des années vers le home-cinéma, puis vers les docks stations et que ces marchés s’essoufflent et connaissent une forte chute en valeur du panier moyen.
Le numérique contesté? Non!
Qu’on ne s’y trompe pas, c’est bien une désaffection de quelques mélomanes pour le CD audio et non pour le numérique, car tous ces disques vinyles re-pressés aujourd’hui « à l’ancienne » le sont à partir de sources numériques. Tout comme dans le milieu des années 80, dans les derniers jours de Pompéi, pardon dans les derniers temps du disque noir. On avait bien compris l’intérêt du numérique, et les éditeurs étaient très fiers de s’en prévaloir sur leur pochette de disque 33T en affichant dans l’angle supérieur un gros « Digital ». Lire mon billet du 01/12/2009 : Disque noir vinyle, le retour? ou bien simple effet de mode?
C’est bien aujourd’hui la condamnation du compact disc en tant que support du numérique qui est confirmée en appel. En dépit d’avancée notables sur les lecteurs CD de salon, le compact disc par sa norme même et ses techniques de pressage ne permet pas de restituer « à la volée » ce qu’il contient vraiment. Une telle lecture « sans filet » est bien trop pénalisante.
NB. Pourquoi le microsillon peut-il sonner mieux que le CD, même s’il est issu d’une source numérique? La réponse tient en partie à la gravure stéréo du disque vinyle qui interdit physiquement toute utilisation de signaux hors phase. En effet, si l’information des deux canaux est hors phase, chacune étant sur un flanc du sillon, l’aiguille (le diamant) est confrontée à un sillon qui se dilate et se contracte en largeur, ce qu’elle ne peut manifestement pas lire, et surtout dans les fréquences graves. Un tel respect fin de la phase n’est pratiquement pas possible avec la lecture laser du CD.
Avec le CD, pour être bon… il suffit de ne pas le lire
Qu’à cela ne tienne, pour profiter à fond du Compact Disc Audio il suffit de ne pas le lire à la volée, de récupérer calmement le phonogramme, de le retraiter comme s’il n’y avait jamais été mis, de le stocker sur disque dur et de le lire en mode dématérialisé vrai, 100% dé-mécanisé. Alors on restitue tout ce que recèle le phonogramme numérique… et bien plus que ne peuvent en extraire du microsillon les cellules pick-up mêmes les plus chères.
Du rétro à tout prix
Mettre plusieurs milliers d’euros dans un bon système de lecture analogique et racheter quelques rares 33T vinyle récemment pressés hors de prix pour lire… un phonogramme numérique, est-ce bien raisonnable? Si on possède comme moi déjà le matériel d’autan et une importante discothèque vinyle cela se comprend qu’on aime encore l’analogique, mais pas si on débute en hi-fi et qu’il faille tout acheter.
- Souvent un marché de dupes avec des vinyles récents issus de… CDs et non des bandes analogiques originales de l’époque: Labels de rééditions vinyles
- L’industrie du vinyle est-elle une vaste supercherie ? à lire sur www.vinyle-actu.fr
PS. Info aux amateurs de vinyle néophytes : régler la hauteur de bras, l’anti-skating, l’angle de la cellule et sa pression sur le disque n’est pas une mince affaire. Tout réglage fin doit se finir à l’oreille. Le couple bras/cellule est primordiale. Certaines cellules exigent des bras lourds d’autres des bras légers. La câblage du bras compte, les cosses de fixation des fils sur la cellule aussi. Le couvre plateau et le presseur central sont tout aussi importants. Enfin les disques noirs bien pressés et sortis dans les premiers du moule étaient les meilleurs et bien entendu les plus rares déjà à l’époque! Désormais ils sont introuvables. Les excellentes cellules sont quasi toutes des bobines mobiles, à très très faible niveau de sortie. La qualité du pré-préampli doit être du plus haut niveau, et ce seul étage d’amplification à lui seul, à transistors ou par transfo peut coûter des sommes folles! Le préampli phono qui suit doit bien sûr être du même niveau…
Le 100% analogique est définitivement mort
Pourquoi la réédition en « tout analogique », avec la même qualité ou mieux, des enregistrements des années 55 à 80 est-elle impossible de nos jours?
Parce que les bandes magnétiques master, analogiques, de l’époque, quand on les a encore et qu’elles ne se sont pas trop dégradées – c’est rare – (drops out, copie de spire à spire, démagnétisation, perte de la couche d’oxyde de fer, déformation physique du support, élongation, ondulations, pleurage, souffle…) ne peuvent être lues que par les magnétophones qui les ont enregistrées, même marque, même modèle, avec leurs réglages spécifiques.
On ne sait plus lesquels, les réglages changeaient selon les bandes, les prises de son, les ingénieurs du son, les marques et en outre ces magnétophones n’existent plus ou presque! Les rares qui subsistent sont dans des salles musées expo des constructeurs quand ceux-ci n’ont pas eux aussi disparu.
La qualité audio « top » des années 60
L’Ampex 351 fut longtemps considéré comme LA référence de l’enregistrement professionnel. A la vitesse de défilement de 15 pouces par seconde (38,1 centimètres par seconde !), il annonçait une courbe de réponse 30Hz à 15000 Herz +/- 2dB, un rapport signal/bruit de 55 dB en version deux pistes et 3% maxi de distorsion harmonique à 400Hz sur les pointes de modulation les plus fortes acceptées. Des performances chiffrées qu’on n’oserait à peine aujourd’hui qualifier du terme « haute-fidélité » ! Et pourtant ça nous suffisait amplement !
Le manuel de l’Ampex 351 comportait 36 pages dont le schéma technique et les tracés des courbes d’égalisation tant en enregistrement, ci-dessous, qu’en lecture:
Plus tard les magnétophones les plus évolués, tel le Tandberg TD20A (superbe machine à 4 moteurs, que j’ai encore, qui assurait sur des bandes Maxell une courbe plate 20Hz à 20 kHz et un rapport signal/bruit > 70dB) disposeront d’un réglage fin de la polarisation d’enregistrement (bias control) permettant de s’adapter aisément à tous les types de bandes, oxyde de fer, chrome, métal etc. On remarquera à quel point les courbes d’égalisation sont différentes de celles de l’Ampex 351 mais ici en vitesse 19,05cm/s

Magnétophone Tandberg TD20A, probablement l’appareil le plus performant jamais produit dans sa catégorie
Le manuel de l’Ampex 351 http://recordist.com/ampex/schematics/351man/351man.pdf
La conservation des bandes magnétiques: http://www.culture.gouv.fr/culture/conservation/dswmedia/fr/txt_magn.htm
En supposant qu’on retrouve des bandes master encore en excellent état, lire ces bandes sur d’autres appareils, avec des réglages (NAB – IEC ) faits au petit bonheur, au pifomètre, c’est à coup sûr en changer l’équilibre tonal, faire apparaitre des colorations, créer des déséquilibres, bref, les dénaturer.
Qu’on re-presse des microsillons à partir de telles bandes magnétiques d’époque mais mal lues ne peut que susciter la plus extrême méfiance du mélomane averti. Les pochettes de certaines de ces rééditions affichent fièrement un bandeau « Directly mastered from the original analog tapes », comme si c’était un gage de qualité musicale inégalée, un paradis perdu.
C’est un peu comme les premiers films muets en noir et blanc qu’on repasse trop vite. Leur mouvement saccadé ajoute un côté comique qui plait beaucoup. Du coup on les passe ainsi de nos jours en faisant croire au public que c’était ainsi qu’on les regardait. Alors qu’à l’époque leur mouvement était normal, pas saccadé, fluide! Des goûts et des époques… mais certainement pas la vérité historique.
Pour savourer du vinyle 100% analogique, si on n’a pas sa propre discothèque personnelle amassée au fil des années (vu mon âge, c’est mon cas), alors il faut retrouver des microsillons de l’époque, d’occasion et si possible pas trop usés. Et s’ils n’ont pas été beaucoup lus en leur temps, s’ils sont encore presque neufs, c’est probablement parce que c’étaient des daubes!
Raison garder
Il est d’autant plus déraisonnable de s’équiper désormais en analogique que la technique du SARD++ permet de retrouver l’émotion du phonogramme master, depuis un CD audio, et que le SARD++,
lui, il est gratuit! Gratuit, certes, mais… il y a un petit bémol. En effet, riper un CDDA avec une qualité musicale parfaite reste à ce jour hors de portée du mélomane audiophile non rompu au DIY.
Tout le monde n’est pas bricoleur et ne peut pas se concocter une station de rippage sophistiquée comme celle qui compose le ripeur graveur Phi² audiophile Stradivarius. Et riper un CD avec le graveur de CD-DVD de son PC est loin de faire honneur à la musique qu’il contient, presque intacte dans son phonogramme.
Le compact disc contesté? Oui. Condamné? Non!
Qu’on ne s’y trompe pas non plus, les mélomanes allergiques au son du CD sont une infime minorité. Ces mélomanes ne peuvent en aucun cas constituer un marché de masse rentable, tout juste un appoint, mais fort profitable donc à ne pas négliger en ces temps difficiles. On a l’exemple du classique dans l’édition, branche très déficitaire, et qui ne subsiste que chez les petits labels spécialisés ou chez les grands éditeurs que pour leur image de marque, et soutenu financièrement par le marché de la variété. Déjà de nombreux grands labels ont arrêté le classique et les grandes productions onéreuses, symphonies, opéras, oratorios, deviennent rarissimes.
L’avenir est-il au téléchargement?
Pour l’heure l’offre de téléchargement de musique est bridée de manière délibérée par les éditeurs. Tout n’y sort pas, loin s’en faut. La qualité est aussi bridée et ce qui est proposé en soi disant haute définition n’est souvent que poudre aux yeux et avec des musiciens de second plan. Ce que j’y ai entendu après téléchargement (payant) m’incite même à la plus extrême méfiance. Le vieil adage « Dans le doute abstiens-toi » me semble s’imposer.
Pourtant le téléchargement serait la solution d’avenir à plus d’un titre:
- au plan écologique, on ne fabriquerait plus de CD, du coup on économise les ressources, on ne transporte plus de CDs jusqu’aux points de vente, plus de stocks inutilement coûteux, on n’imprime plus de livrets papier etc.
- Au plan économique en misant sur la qualité musicale, les éditeurs ne peuvent que gagner des auditeurs, pas en perdre. En misant sur le téléchargement ils réduisent leurs coûts de distribution.
- Au plan culturel le téléchargement, si désormais il devenait de qualité et à prix modéré ne pourrait qu’élargir son champs d’action en profitant même aux moins fortunés. Le téléchargement illégal perdrait tout intérêt, au moins pour la musique.
Le besoin de qualité se ressent déjà dans la musique en ligne, diffusée en streaming payant. On est passé sous la pression de la demande, de 128 kbps et 160 kbps a, pour les abonnés payants, 320 kbps (il parait qu’on ne fait plus la différence avec un CD, selon les « experts ». On ne doit probablement pas écouter les mêmes choses, eux et moi! ni de la même manière! ) . En streaming, on est encore loin du 1411 kbps du PCM CDDA, à l’exception de Quobuz qui en propose. Lire cet article du Monde : La musique en ligne gagne en qualité.
En attendant ce futur enchanteur (et hypothétique) où on disposerait de la qualité en téléchargement ou en streaming , à prix modique, il ne faut surtout pas condamner le CD audio, c’est actuellement le seul support utilisable pour obtenir le phonogramme avec une qualité correcte, surtout en classique où le travail est (encore) soigné et où les séries sont sorties seulement à quelques centaines ou quelques milliers d’exemplaires.
Un label qualité reste à inventer
Tant que les offres de téléchargement en ligne ne proposeront pas une certification de la qualité musicale réelle de ce qu’ils vendent sous forme de fichiers audio, au format wave, mieux vaut rester au CD audio et en récupérer le phonogramme!
Le meilleur fichier audio numérique pour l’audiophile est celui qui restitue la bande passante audible, 20Hz à 20kHz et la dynamique maximale utilisable en usage domestique, 90 dB. Le format PCM wave 16 bits 44,1 kHz stéréo y suffit amplement. C’est ce format qui est obtenu en fin de montage, mixage, retraitements divers. Tout le travail en studio est effectué en 24 ou 32 bits, rééchantillonnage 96 ou 192 kHz, formats qui permettent des mixages sans effets numériques pervers. Le fichier final est alors réduit sans dommages collatéraux en 16 bits 44,1 kHz pour graver le glassmaster
Glassmaster qui va permettre de fabriquer la matrice « père » (stamper) de pressage du CD audio. Il suffit de labelliser ce format Mastering, qui existe déjà (*) pour en faire une qualité certifiée qui fasse référence.
J’attends qu’il soit proposé par exemple un label du genre « Qualité Glassmaster Garantie », ceci avec un simple sigle tel MDA – Mastering Digital Audio. Un peu comme le CD audio qui affiche son origine au dos du livret par trois lettres: AAD, ADD ou DDD.
A défaut de certification, avec des fichiers audio, on peut faire n’importe quoi dans l’offre en ligne, y compris tromper le client et décevoir les vrais mélomanes… et casser un marché à peine éclos! Rien de plus facile en effet de reconstituer un produit « bidon » en un faux/vrai 24 bits 192 kHz, de le vendre très cher comme « Haute définition » avec en réalité comme source un méchant mp3 256 kbps au départ. Changer le plomb en or… oui, cela peut tenter plus d’un marchand de musique en ligne, éditeurs compris.
(*) Le mélomane le plus exigeant peut aussi parfaitement se contenter d’une bande passante 25 Hz à 16 kHz et de 60 dB de dynamique, ce qui correspond à la bande FM d’un concert retransmis en direct sur France Musique ou sur Radio Classique… et si les conditions de réception sont bonnes (c’est rare sur une bande FM saturée), avec un excellent Tuner FM (c’est cher, comme mon vieux Tuner Marantz 150), je peux vous assurer qu’il n’y a pas la moindre frustration!
Oups, qu’est-ce que je raconte? La FM pourrait bien disparaitre pour laisser place à la Radio Numérique Terrestre (RNT)… et probablement voir apparaitre beaucoup plus de stations diffusant en bande étroite numérique très compressée. Le combat pour la qualité dans la diffusion de la musique est décidément loin d’être gagné d’avance y compris sur les ondes, pas seulement le Web! Selon le journal Les Échos, le gouvernement Ayrault s’apprêterait à ne pas demander de fréquences de radio numérique terrestre pour le groupe Radio France. (source Electronlibre) La RNT, déjà rejetée par les grands groupes privés, serait alors en passe d’être mise définitivement aux oubliettes. Ce serait encore une fois l’exception culturelle française, car la RNT existe déjà chez nos proches voisins européens (Allemagne, Royaume Uni, Belgique, Suisse…) avec la DAB.
cher monsieur
votre article est très instructif mais me laisse toujours sans réponse concernant les disques en gravure directe qui furent édités dans les années 75- 80 ,juste avant d’etre détroné par Sony et son CD.
Il est frappant de constater que si peu de gens se souviennent ,voire ne connaissent pas,meme parmi certains professionnels !
vu le tuner marantz que vous possédez (j’ai le meme) nous devons etre de la meme géneration;je pense que vous pourrez me répondre car je recherche des enregistrements réalisés à Nashville par »DIRECT DISK LABS ».merci.
Eh oui, les seniors ont de la mémoire, et ils ont même encore quelques disque en gravure directe. Mais bof…
Soyons honnête, tout n’était pas rose dans l’analogique d’antan. Loin de là. Gravé direct ou non.
Les véritables gravures directes étaient fort rares, chères et… souvent très surfaites, visant quelques audiophiles argentés.
Le principe était de se passer de l’enregistrement sur bande magnétique, et en théorie cela permettait de se passer de la compression
et d’éviter le souffle de bande. Voir http://en.wikipedia.org/wiki/Direct_to_disc_recording
C’est une gageure, car en aucun cas le burin graveur ne pouvait assurer les excursions voulues par un son « direct » dans le métal de la matrice.
Il aurait fallu n’enregistrer que du clavecin ou du pipeau.
Je me souviens de compte-rendus de séances homériques avec le chef espagnol Rafael Frübeck de Burgos insistant pour ne rien compresser lors d’une gravure de matrice… le sillon suivant se mettait vite à bouffer le précédent, pire, le burin qui coûtait des sommes folles cassait… et toute la séance était fichue, à refaire de A à Z.
Le gain en dynamique lors d’une gravure directe devait donc se faire par le bas, compte tenu de la contrainte physique et géométrique limitée par le haut (excursions latérales du burin, température limite du burin atteinte). Il fallait donc pour le pressage avoir une pâte vinyle très pure, un disque lourd, un pressage lent et un très long temps de refroidissement avant démoulage pour réduire les micro bulles et donc le bruit de sillon. Autant dire que c’était un surcoût prohibitif commercialement voué à l’échec.
Le gain musical n’était pas mirobolant pour autant.
Tout vinyle pressé avec soin et avec une matrice changée rapidement sonnait aussi bien. Les tuttis finaux (en classique) souvent en fin de sillon, donc vers le centre du disque, étaient tout aussi pourris du fait de la bande passante ultra réduite par la baisse de vélocité cm/s. Gravure directe ou pas.
A l’époque les outils de compression étaient très frustres. on en entendait les effet de « pompage ». Quand on le faisait manuellement c’était parfois pire, avec les manettes des potentiomètres par le preneur de son qui réagissait dans l’urgence sauf s’il savait lire la partition et anticiper. Depuis belle lurette on a des compresseurs paramétrables de manière subtile avec des seuils doux. Bien utilisés on ne les entend pas agir, on n’est pas frustré.
Enfin respecter la dynamique absolue du son « live » est un faux problème pour une écoute domestique. C’est à la fois impossible et inutile musicalement. La dynamique fine est autrement plus gratifiante pour le mélomane, tout en préservant une dynamique absolue subjectivement accrue et crédible. La dynamique ressentie obéit à des critères qui ne se mesurent pas au dBmètre. Ne pas en faire une fixette!
Restons terre à terre!

Avez-vous chez vous un silence de 30dB A ? vérifiez-le avec votre iphone et une petite appli.
si oui, vous être un privilégié. Donc avec un CD, un vinyle ou une bande magnétique disposant de 65 à 70dB de dynamique réelle, vous atteindrez 100dB de volume sonore, c’est déjà beaucoup (et dangereux au delà de quelques courtes secondes!). Mais c’est encore tolérable.
Si vous êtes à 40dB de bruit ambiant, votre volume maxi va grimper à 110db. A 50db de bruit de fond, les 120 dB d’un tutti orchestral sont carrément insoutenables.
Savez-vous que votre oreille elle-même dispose d’un compresseur de dynamique? Une sécurité donc, mais limitée en niveau sonore et en durée. Cela s’appelle le réflexe stapédien, qui se met en œuvre avec le plus petit muscle de votre corps, à peine 2mm de long!
grandiose les explications comme la musique bravo………….
Bonjour, j’ai des cartons entiers de vinyles de musique classique.. J’aimerais savoir si vous connaissez un site pour savoir leur valeur, et où je pourrai les vendre.. J’ai fais quelque brocante mais très peu de connaisseurs..
Merci.
Bonjour,
Le disque classique hélas se vend mal, avec beaucoup de vendeurs pour très peu d’acheteurs.
Faites-en une liste par compositeur, titre, interprète et label.
Proposez votre liste à des vendeurs de disques vinyles comme LA DAME BLANCHE, 47 rue de la montagne Sainte Geneviève 75005 – PARIS
(juste derrière le Panthéon)
ou bien mettez vous-même ces disques en vente sur eBay ou Price minister
soit le lot complet, soit à la pièce pour les disques rares pouvant intéresser les collectionneurs mais alors obligatoirement avec une photo de la pochette recto-verso.
Comment vendre mes disques ? >>> http://www.vinylmaniaque.com/repertoire4/vinyles-reponses.html
Vous n’êtes pas tout seul à vouloir vendre vos LP >>> http://www.vinylmaniaque.com/vinyles-echanges.html
Quelques liens:
http://www.vinylunity.com/fr/
http://lesdisquairesvinylesenfrance.blogspot.fr/
http://www.cdandlp.com/how-to-sell-on-cdandlp/
Un article très bien documenté. J’ai hésité à le lire en entier car cela paressait très technique mais au final j’ai appris plein de choses. Bonne continuation à vous.
Guillaume
Merci Guillaume,
J’ai rectifié la photo Ampex, erronée, en fait c’est de l’Ampex 351 dont je voulais parler. J’ai eu du mal à en retrouver les caractéristiques. Pour le vinyle, j’ai conservé mes carnets où je notais mes réglages de bras de tourne-disque. Les relire m’a remémoré la galère des réglages du TD. J’étais obligé de faire des écoutes 0,5mm par 0,5mm de déplacement en hauteur du pivot vertical du bras pour trouver la qualité optimum avec telle ou telle cellule. La pression en grammes du diamant sur le sillon devait aussi se faire à l’oreille par 0.5 gramme de différence ou moins! Cerise sur la gâteau, on ne pouvait pas relire un même passage du microsillon immédiatement sous peine de l’user prématurément. Il fallait lui laisser une bonne dizaines de minutes reprendre sa forme après une exploration par un diamant elliptique ou conique… Et je ne parle parle pas de la chasse à la poussière, de la lecture humide, des disques concaves ou convexes (et non plats) ou qui pétillaient parce que sortis trop vite de la presse… Être mélomane et audiophile déjà à l’époque n’était pas une sinécure! En réalité rien n’a vraiment changé, les problèmes sont seulement différents de nature du fait du numérique. L’oreille reste le juge suprême et même si elle est moins fine avec l’âge, l’exigence de musicalité est probablement plus grande quand on a de l’expérience et un gros bagage de références auditives en mémoire.