Taipei 101
Taïwan est une île soumise aux typhons et aux tremblements de terre. Le gratte-ciel Taipei 101, inauguré début 2004, mesure 509 m de haut. Outre sa construction « feng shui », le bâtiment est équipé d’une énorme boule d’acier de 660 tonnes suspendue au 92e étage de la tour.
Elle est dotée d’une amplitude de balancement pouvant aller jusqu’à 1,5 mètre pour amortir de 30 à 40 % les mouvements de l’édifice causés par des vents violents dus aux typhons, par des tremblements de terre ou par une collision avec un aéronef léger. L’aménagement de cette boule et de sa chambre a été traité telle une œuvre de design, et ouverte aux visiteurs. Ce dispositif est appelé « Tuned mass damper ». Un tel dispositif, de 375 tonnes, avait déjà été monté sur un gratte-ciel de New-York et d’autres, spécifiques, sur des ponts suspendus http://www.rwdi.com/cms/publications/28/t10.pdf.
Le principe est schématisé ainsi:
Ce qui se fait en grand est tout aussi efficace à petite échelle, voire davantage.
En Hi-Fi le principe des masselottes cuivre/plomb comme dispositif absorbeur/dissipateur de micro-mouvements avait été déjà mis pour la première fois sur le lecteur CD-SACD Phi audiophile puis dans les ripeurs Phi audiophile premières versions.
En 2012, dans le cadre de la (vraie) dématérialisation de la musique en SARD++, les « Tuned mass damper » ont été utilisés en systèmes pendulaires: deux sont constitués de masses cuivre/plomb suspendues par un fil de lin,
deux autres sont constitués de billes d’acier suspendues par attraction magnétique. L’appareil qui en bénéficie n’est plus un lecteur CD de salon mais un drive ripeur-graveur, le tout dernier Phi² audiophile Stradivarius. Cet appareil hors normes est facile à réaliser en DIY par tout bon bricoleur.
Dissiper en chaleur
L’idée est de dissiper les vibrations en douceur, sans effet audio pervers, en les transformant en chaleur. En numérique audio les micro-vibrations sont des causes de jitter d’autant plus nuisibles qu’elles modulent les champs électromagnétiques ambiants à très hautes fréquences. Il convient donc de transposer ces rayonnements CEM vers des zones de fréquences moins pernicieuses pour l’audio, en l’occurrence vers l’infrarouge.
Le principe du couplage très précisément accordé d’une masse importante avec des éléments léger, ceci dans un usage audio hi-fi avait d’ailleurs été préconisé par Thorens dès 1979 avec son imposant tourne disque « Reference ».
L’énorme masse suspendue, la platine flottante, pouvait ainsi s’accorder sur une fréquence de résonance de 1 à 5 Hz pour se marier au mieux avec le bras et la cellule utilisés. Plus que la masse elle-même de la contre platine c’est cet accord fin qui importait selon Thorens pour avoir le meilleur rendu musical de l’ensemble platine suspendue + plateau + bras + cellule + disque noir.
Cette relation intime entre micro-vibrations et rendu musical à l’époque du son analogique se retrouve 33 ans plus tard dans l’étroite relation entre vibrations et jitter en audio numérique… Ce sera l’objet d’un prochain billet.
Petite pause musicale