Test comparatif: téléchargement vs CD audio, lus en dématérialisé vrai

Ravel par Samcon François

Ravel par Samson François

Je viens de dépenser 12,99€ pour télécharger les mêmes fichiers d’un CD audio que je possède depuis longtemps (!) Non, je ne suis pas atteint de la maladie d’Alzheimer, ce n’est pas une erreur, je n’ai pas oublié que je l’avais dans ma CD-thèque. Comment pourrais-je oublier un tel chef d’œuvre, dans la plus belle interprétation jamais enregistrée!

L’objectif

En fait, je voulais vérifier si le SARD++ (mon format fétiche maison) issu d’une extraction numérique de CD neuf, était moins bon, équivalent, ou meilleur que le fichier .wav natif de l’éditeur, celui en principe qui se situe juste avant la gravure de la matrice du CD audio. Méfiant, je voulais aussi m’assurer que ce qui est proposé au téléchargement en ligne correspond bien à ce qui est annoncé, sans arnaque sur la qualité réelle.

Qobuz vs CD, le poids des fichiers

Qobuz , le téléchargement en wav 16b / 44,1 kHz

A armes égales

La lecture en mode dématérialisé vrai (tout en Ramdisk et non depuis le disque dur) est la façon la plus transparente de restituer le fichier source audio, qu’il soit issu du CD ou qu’il soit issu du téléchargement au même format 16 bits 44100 Hz. C’est donc un moyen idéal pour réaliser une comparaison pointue et honnête. Il n’est en effet pas question de lire le CD sur un lecteur de salon, si bon soit-il comme le lecteur CD SACD Phi Audiophile, ce serait le pénaliser et déséquilibrer la confrontation.

Cette comparaison a été effectuée grâce au site de téléchargement Qobuz qui permet de choisir la qualité du fichier à télécharger, ceci bien sûr quand l’éditeur (ici EMI) l’y a dûment autorisé, ce qui n’est pas le cas de nombreux autres labels, soit frileux, soit rétrogrades. Aujourd’hui encore le choix en téléchargement est fort réduit et la qualité offerte le plus souvent limitée à des formats compressés avec pertes.
J’ai donc payé et téléchargé Le concerto en sol, le concerto pour la main gauche, et Gaspard de la nuit, de Maurice Ravel joués par Samson François, orch. de la Sté des Concerts du Conservatoire, dir. André Cluytens, à la salle Wagram en 1959, le tout au format wav 16bits 44,1 kHz, stéréo ADD, c’est-à-dire exactement comme le CD audio que j’avais. Le remastering en numérique remonte à 1997. Hélas en ligne, le petit livret de 12 pages est absent.

- Qobuz est un excellent site, l’interface est simple, claire, efficace, le téléchargement est rapide avec l’outil Downloader multiple que Qobuz nous prie d’installer. Le paiement y est sécurisé par la Caisse d’Epargne.

La comparaison

Les fichiers ont d’abord été comparés avec leur poids sur le disque dur:

stradivari-qobuz, CD vs téléchargement, les poids en octets

stradivari-qobuz, CD vs téléchargement, les poids en octets

Par exemple avec la plage 01
Qobuz : 81 748 428 octets
Stradivarius: 81 732 120 octets
différence : 16 308 octets soit 0.02%, une si faible différence me semble à priori fort honorable et rester de l’ordre des différences entre deux pressages éloignés dans la série.

L’écoute

 Ensuite une écoute comparative a été faite au casque. Les deux fichiers jumeaux, le « Qobuz » et le « Strad » (comprendre fichier ripé depuis le CD audio avec le ripeur Phi² Audiophile Stradivarius), sont lus par le player AIMP3 une fois tous glissés dans un Ramdisk.

Une subtile différence, pourtant si importante!

Sur une écoute rapide superficielle les fichiers semblent sonner pareils. C’est déjà bon signe. Par contre dès qu’on fixe davantage son attention et que l’écoute se prolonge on remarque une vie supérieure sur le fichier « Strad », un toucher de la note de piano plus riche, une meilleure attaque et un meilleur rebond, des timbres plus fournis, plus d’air entre les pupitres, un allant général plus communicatif, une pêche plus évidente qui fait jaillir l’émotion, et nettement plus que dans le fichier Qobuz. On prend du plaisir à écouter l’un et par contrecoup l’autre pâlit et semble plat, à la limite même ennuyeux.

Petite pause musicale, avec Samson François, bien sûr

D’où vient cette différence de peps, de vitalité? Est-ce que le fichier EMI livré à Qobuz serait moins bon que celui qui a été utilisé pour graver le CD ou bien est-ce l’effet du traitement SARD du fichier ripé depuis le CD audio? Pour le savoir j’ai donc dupliqué puis traité en SARD le fichier wav de Qobuz.

Une fois les trois versions placées en Ramdisk, le fichier ripé SARD, le fichier téléchargé depuis Qobuz et le fichier téléchargé dupliqué retraité SARD, il apparait que les deux fichiers SARD sont identiques à l’écoute attentive et musicalement les plus convaincants. Qu’ils soient totalement indifférenciables à l’écoute démontre que les deux fichiers audio viennent bien du même master avant pressage.

Impossible mais vrai

Qu’ils soient plus musicaux que le fichier wav téléchargé, c’est normal. Cela vous semble bizarre? Mieux que l’original, c’est ridicule! C’est impossible direz-vous! Et pourtant, si, c’est possible… parce que le cerveau humain intervient dans cette comparaison. Aucun miracle à cela, aucun tour de magie. Le traitement SARD compense les « dommages collatéraux » de quantification subis par le fichier master lors de sa réduction à 16 bits 44,1kHz pour graver le stamp de pressage du CD. Le traitement SARD est un système sophistiqué de dithering fantôme, virtuel, qui met en oeuvre la psychoacoustique, c’est à dire la façon dont le cerveau interprète ce qui lui est donné à écouter. La chose est connue depuis longtemps et les images et photos que vous voyez sur internet bénéficient de tels algorithmes de dithering qui les améliorent… à vos yeux et à votre cerveau! C’est pareil pour l’oreille.

Le fichier Qobuz une fois traité SARD pèse 81 748 504 octets, il a gagné 76 octets, mais très souvent il reste inchangé à l’octet près.

Conclusion: égalité? oui si…

La meilleure qualité musicale peut être issue d’un CD audio tout comme d’un téléchargement au même format 16b/44,1kHz, dans les deux cas il suffit d’appliquer un traitement SARD au fichier.

Le bémol avec les CDs vient de ce qu’il faut avoir sous la main un ripeur de haute volée tel le ripeur graveur Phi² Stradivarius, et en outre il faut qu’il soit bien euphonisé pour riper ses CDs à un tel niveau qualitatif. Ne croyez pas l’obtenir avec le lecteur-graveur DVD de votre PC ni avec EAC. Si on n’est pas en mesure (ou pas envie) de se fabriquer un tel attirail, alors il suffit de télécharger les fichiers chez Qobuz en espérant que l’œuvre soit à leur catalogue et que les fichiers soient proposés en wav 16 bits 44,1 kHz et ensuite de les traiter en SARD.

Mieux c’est inutile

Si on peut acheter en ligne une qualité « Mastering » 24/96 est-ce préférable? Que nenni à mon avis. Nul besoin de payer plus cher pour télécharger du 24b/96 kHz, le traitement SARD y supplée largement, sans avoir à se coltiner des fichiers audio énormes, gaspilleurs d’espace disque! A fortiori du 24b/192 kHz. Tout est déjà dans le 16b/44,1kHz comme pourraient vous le dire MM. Nyquist et Shannon.

La résolution 24 bit, 96 ou 192 kHz est nécessaire pour la prise de son, le montage, le mixage et le mastering, bref pour tout le travail qui se fait « en cuisine », en amont. Mais le plat qu’on vous sert et que finalement vous dégustez, le CD audio, est en 16 bit 44,1 kHz. Et avec 72 dB utile réel de dynamique (96 dB théoriques pour 16 bits) et une bande passante qui couvre tout le spectre audible à la perfection, c’est largement plus qu’il n’en faut… oui, dès lors qu’on n’en dégrade pas les microphases, la finesse du calage temporel et qu’on rectifie ce que le cerveau n’aime pas dans le signal numérique ! Et c’est possible en récupérant le phonogramme et en faisant un petit traitement SARD.

Réel ou virtuel? quel intérêt question finances?

En téléchargeant vous économiserez quelques euros, Oh pas beaucoup, l’écart de prix entre le CD acheté chez Amazon.fr et le même téléchargé sur Qobuz peut parfois n’être que 1€ comme ici sur le CD Ravel/Samson François. Est-ce bien intéressant?
Dans mon cas, possédant déjà un ripeur Phi² Stradivarius, je préfère nettement avoir le CD bien réel,  avec son boitier et son petit livret ! Quitte à devoir le riper moi-même.

Vivaldi Fabio Biondi Europa galante

Vivaldi Fabio Biondi Europa galante

Mais on peut aussi trouver de bonnes affaires comme l’excellent CD Concerti con molti strumenti de Vivaldi par Fabio Biondi et Europa Galante, avec les concertos pour mandoline. Le CD neuf chez Amazon 12,68€ et seulement 6,49€ chez Qobuz (en Promo) en téléchargement 16b/44,1kHz… mais sans livret, même si celui-ci est fort mince.

 

Une mine d’or inexploitée

La compilation AA : Grandes interprétations et  prises de son exemplaires

La compilation AA : Grandes interprétations et prises de son exemplaires

Mais si le téléchargement représente l’avenir de la musique, peut-être qu’on verra apparaitre des offres seulement en ligne, sans réédition physique de CD… ce serait une excellente chose pour redécouvrir des fonds de catalogues bourrés de merveilles et qui dorment chez les éditeurs sans profiter à personne! Pour peu que les « majors » compagnies se réveillent et comprennent la carte qu’elle ont à jouer, avec un atout maître, la qualité!
>>> A propos, pourquoi les téléchargements ne proposent-ils pas systématiquement le livret sous forme de .pdf. Le livret numérique est en effet souvent absent alors que ce n’est jamais le cas sur un vrai CD surtout en classique.  Cela me semble indispensable compte tenu du prix demandé!

Musique, cloud et streaming

Musique, cloud et streaming

NB. En Novembre 2012, Qobuz devrait lancer un abonnement de streaming en FLAC 16bits 44,1kHz stéréo

streaming FLAC 16bit / 44,1kHz

streaming FLAC 16bit / 44,1kHz

Selon son communiqué de presse: http://www.qobuz.com/…une-premiere-mondiale-francaise-signee-qobuz/
Quelques extraits :
« Le défi de ce streaming qualité 16 Bits / 44,1 kHz est maintenant commercial et artistique.
« La qualité sonore compressée rebute définitivement un vaste public, qui rechigne à laisser tomber ses CD, qui sonnent tellement mieux.
« Occupons nous d’offrir aux amateurs la musique dans de bonnes conditions et avec une valeur d’usage agréable – alors le marché de la musique se reconstruira dans tous ses créneaux, pour tous les goûts et tous les usages, au meilleur avantage de tous : artistes, producteurs, public. »

Attention! il est impossible d’avoir la qualité SARD++ avec du FLAC 16/44,1 reçu en streaming par abonnement… il faut acheter et télécharger du wav 16b/44,1kHz stéréo, puis le traiter SARD et le lire en Ramdisk.

Le format Flac est-il intéressant pour le mélomane audiophile?

flac vs wav

flac vs wav test d’écoute

Voici le test réalisé avec la première piste téléchargée:
01-01-Maurice_Ravel-Concerto_for_Piano_and_Orc-LLS

Conversion en Flac:
flac par Qobuz      35 404 223 octets (téléchargé depuis Qobuz)
flac par AIMP       37 699 795 octets (téléchargé en wav depuis Qobuz puis conversion locale en flac par AIMP2 converter)

Vérification inverse -  Reconversion du Flac en wav:
flac AIMP2->wav  81 732 044 octets
flac Qobuz->wav  81 732 044 octets
en théorie on devrait retrouver très exactement le poids en octets du fichier source wav natif… et ce n’est pas le cas.

Rappel du poids du fichier source wav:
wav natif:      81 748 428 octets
écart (perte)         16 384 octets
soit 0.02% de perte en octets, ainsi la reconversion du flac en wav n’est pas parfaite à l’identique! Le terme Lossless, sans perte, serait donc un peu « optimiste ». Mais je ne pense pas à priori que cette différence en octets soit audible… du moins, à elle seule.

Test d’écoute du wav natif Qobuz vs flac Qobuz, et ceci en l’absence de tout traitement SARD.

Le player est AIMP3 piloté en Asio buffer 3ms, la lecture est « ordinaire » depuis le disque dur en exFAT 512ko, (donc pas en Ramdisk à clusters 2000ko, et sans aucun MRam optimizer loop 350ms en fonction) :
>>> le fichier flac a perdu de l’allant, perdu un peu de son peps, l’attaque des notes du piano est moins dynamique, les timbres sont un peu moins fournis, moins riches… L’algorithme flac qui est obligatoirement inséré dans le processus de lecture est probablement à l’origine de cette légère dégradation audible alors même que le fichier est lu dans des conditions bien moins transparentes que le SARD++. Dans des conditions optimales de lecture la dégradation serait encore plus évidente.

La réconciliation analogique numérique

La réconciliation de l’analogique et du numérique – Cliquez  -

Conclusion: téléchargez en wav, et pas en flac, traitez ensuite en SARD et stockez les fichiers wav ainsi déjà traités (même poids que le wav) et lisez ensuite en SARD++, le seul mode dématérialisé « vrai » , 100% démécanisé, qui assure une totale transparence.

<<< et pensez à euphoniser votre système audio hi-fi…

À propos de L'audiophile AA

L'Audiophile Apiguide c'est plus de quarante années de recherches originales dans le domaine de la hi-fi, de la musique et de la psycho-acoustique. C'est une réponse à tous les mélomanes du XXIè siècle qui constatent jour après jour que la musique n'est plus au rendez-vous de leur chaine Hi-Fi, et qui n'ont trouvé aucune solution satisfaisante avec les matériels audio actuels du commerce, même les plus onéreux des marques les plus prestigieuses. Il suffit d'être un peu bricoleur et d'avoir l'esprit ouvert à d'autres voies que l'électronique habituelle...
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2 réponses à Test comparatif: téléchargement vs CD audio, lus en dématérialisé vrai

  1. Léo Godefroy dit :

    Bonjour,

    J’aimerai avant tout me présenter : je m’appelle Léo, je suis étudiant en école d’ingénieur informatique et vit dans la région Bordelaise depuis maintenant deux ans. Passionné de musique depuis maintenant une dizaine d’années, ce n’est que depuis trois ans que j’y consacre une grande partie de ma vie.
    Étant d’une génération nativement bercée par les nouvelles technologies, mes recherches sur le domaine avait essentiellement pour support internet, et par ce biais de nombreux sites et forums, plus ou moins fiables et concrets.
    Une chose est sûre, la première fois que j’ai mis les pieds sur le blog audiophile d’Apiguide, ça a changé ma perception des choses. Non pas que je croyais formellement au prix = qualité, mais je dois avouer que je ne pensais pouvoir accéder à un ressenti musical tel qu’AA décrit, avec comme « seuls » outils la passion, la persévérance et du temps.
    Malgré mon actuelle installation, plutôt médiocre au vu de ce que j’ai pu observé sur les blogs d’AA, j’ai toujours été interessé presque uniquement par le ressenti, les émotions portés par la musique. Ce déferlement de sensations qui transcendent l’esprit, engendrant des frissons de la tête au pied, et poussant les larmes à tomber de nos yeux… C’est ça que je recherche, et j’ai compris qu’AA parlait de la même chose.

    Pour en venir aux faits, j’aimerai savoir si malgré mon jeune âge et mon inconscience, il serait possible d’établir une discussion directe avec AA. Ayant quelques questions à lui poser, et peut être l’admirant tout simplement, j’aimerai réellement entrer en contact avec lui, peut-être lui demander quelques conseils, son avis, et simplement avoir une discussion sur notre passion commune.

    Cordialement, dans l’attente de vous lire.

    • Bonjour Léo,

      Trop sollicité par trop de monde, je me consacre désormais à la musique. Je n’ai plus ni l’âge ni le temps pour me permettre de me disperser. Le hasard me fait encore parfois tomber sur une trouvaille musicalement bénéfique, car j’ai heureusement gardé ma capacité d’émerveillement. Incorrigible, j’essaye alors de l’optimiser, de comprendre pourquoi elle fait tel effet, et de lui donner une forme pratique et simple à réaliser. Quand j’y parviens je la fais partager aux mélomanes qui, comme vous, voient dans la musique autre chose qu’un simple bruit d’accompagnement dans la vie quotidienne. Tout est dans mes fichiers, tous sont téléchargeables, toutes mes bidouilles sont faisables par n’importe quel bricoleur… L’émotion peut jaillir même d’une installation hi-fi peu onéreuse comme la vôtre, c’est d’abord une question d’euphonisation, bien plus que du matériel en soi. Et plutôt que d’en discuter avec moi, faites-le et ensuite écoutez. Le seul vrai but, c’est la musique… Persévérez, et vous y trouverez des trésors d’émotion.