Lecteur CD-SACD DVD de salon Philips DVP5500, bidouille (auteur P.H.)

Un combat d’arrière garde mais une victoire quand même !

Je suis bien conscient de représenter la frange «  rétro  » de ce blog. En effet, loin de m’être mis à la musique dématérialisée à la sauce SARD++, je m’acharne sur mon bon vieux lecteur Philips DVP5500. Je ne décrirai pas ici la refonte entière que je lui ai fait subir récemment, ce sera l’objet d’un feuilleton pour cet été. Je me limiterai seulement à une petite modification facile à mener, presque réversible, qui ne coûte pas cher (moins de 12 E) et qui rapporte gros.

Le principe  :

La manip consiste à doter le convertisseur numérique analogique (DAC), modèle AKM4381 de la carte mère du lecteur, d’une alimentation dédiée et de bonne facture.
Ce qui m’a mis sur cette piste, c’est qu’en remplaçant le condensateur d’origine (numéroté C149) par un BlackGate, le son s’améliorait. C’était déjà ça de pris.
Mais en regardant de plus près, je m’aperçus que le circuit commettait deux hérésies audiophiles  : le DAC partageait son alim avec d’autres circuits intégrés, et même celle-ci servait à fabriquer une tension secondaire pour la processeur central. Deuxièmement cette tension était fabriquée par un simple 78L05, lui-même alimenté par une tension de 9V venant de je ne sais où, mais pas dédiée en tous cas.

La mise en œuvre  :

Après un peu de «  reverse engineering  », j’ai compris que la piste qui amène cette tension vient de la gauche (voir photo) mais se prolonge sur la droite, avec des plots prévus pour des composants qui ne sont pas montés dans cette version. Ces plots offrent des possibilités aisées de connexions. Résumons  : il suffit de

  • couper la piste à l’endroit indiqué d’un trait bleu,
  • faire «  le pont  », à l’endroit où la prolongation est interrompue en l’attente d’une résistance R204, avec une patte du futur condensateur (0.15 uF) de découplage de proximité,
  • souder l’autre patte de ce condensateur sur le plot de masse à proximité,
  • connecter l’alim (+ et -) nouvelle là où une diode Zener était prévue,
  • souder un condensateur de découplage principal BlackGate de 1000 uF en parallèle, en utilisant les plots d’un condensateur non monté.

La photo suivante permettra de situer ces éléments. Elle a été prise après dépose provisoire du condensateur C149.

Bidouille sur le lecteur Philips DVP5500

Bidouille sur le lecteur CD SACD Philips DVP5500

La seule intervention non réversible est donc la coupure de la piste, pour isoler la nouvelle alim. du reste des tensions fabriquées sur la carte. Elle peut se faire au cutter ou avec une petite perceuse à main. Le résultat est montré ci-après  :

Tweak du Philips DVP5500

Bidouille électronique sur le lecteur CD SACD de salon Philips DVP5500

L’alimentation  :

L’étape suivante consiste à fabriquer une alimentation de +5V de qualité. J’ai appliqué la recette de Francis Ibre, exposé dans sons livre «  Bien Entendu, itinéraire d’un audiophile  » aux éditions Elektor. Basée sur une diode Zener programmable TL431 et un Darlington TIP142, ce n’est pas une alimentation stabilisée, n’étant pas rebouclée, mais «  régulée  ». J’utilise cette architecture avec succès sur tous les étages de mon système, en particulier les étages de sortie de mon lecteur où les AOP ont été remplacés avec bonheur par des Burson. L’alimentation régulée partage sa tension d’origine avec l’horloge déportée (oui, j’ai aussi pratiqué le reclocking, que j’ai rapporté à l’époque sur mettre le lien avec mon ancien billet).

Petite pause musicale

Les connexions  :

Restait enfin à connecter le +5V et à souder les condensateurs de découplage, ce qui fut assez aisé. Le résultat est montré sur la photo suivante  :

Tweak électronique du Philips DVP5500

Bidouille électronique sur le lecteur CD SACD de salon Philips DVP5500

Le câble blindé qu’on voit en bas amène le signal de l’horloge. On distingue le condensateur C149 remis en place, le condensateur de 0.15 uF de découplage, le câble noir et rouge d’alimentation +5V et le condensateur BlackGate de découplage. Le câble noir qui est soudé sur la patte «  –   » est le retour des AOP de sortie. En effet il s’agit de boucler le parcours du courant généré, dans chaque voie, par le DAC vers les AOP de sortie au pied même du condensateur qui alimente (ou découple) le DAC, c’est-à-dire ici le BlackGate, afin d’éviter toute masse commune avec les autres circuits. Les fils qui acheminent le signal du DAC vers les AOP Burson sont visibles en haut de la photo, sous la forme de fils émaillés.

Le résultat  :

L’ensemble de ces modifications prend une demi-journée, mais leur effet se révèle en quelques secondes  ! En tout cas pour le plus notable, qui est une présence accrue des instruments au premier plan. Ce qui renforce cette présence, ce sont deux caractéristiques  : plus de puissance acoustique rayonnée par ces instruments (par exemple un théorbe d’habitude plus discret) et un détourage plus holographique dans l’espace. Corrélativement, l’étagement en profondeur d’un orchestre est mieux marqué, et plus naturel.
Après quelques minutes, on note la présence de plus de détails, des petits bruits, des petites notes, jusque là perdus dans la masse, et qui se distinguent plus nettement. Le caractère plus mat des aigus est certainement lié à cette émergence des détails.
Enfin les timbres sont plus fruités, et se distinguent mieux les uns des autres.
On y gagne donc en richesse d’information, en plaisir musical, pour un coût très modique et pour une difficulté technique assez raisonnable.
Tout juste peut-on regretter qu’on ne puisse pousser l’exercice à fond en dotant chaque voie d’un DAC dédié (celui d’origine étant stéréo), mais pour le coup cela représenterait une modification majeure et hors de portée. Dans la «  bidouille audio  » il faut savoir ne pas aller trop loin, et se contenter de progrès déjà fort appréciables…

NDLR – Bidouilleur impénitent de son DVP5500, P.H. avait déjà expliqué sur l’ancien blog comment améliorer l’horloge de ce lecteur de salon > lire le billet du 3/02/2009 P.H.
Le lecteur CD-SACD Philips DVP5500 n’avait (vraiment) pas dit son dernier mot


À propos de L'audiophile AA

L'Audiophile Apiguide c'est plus de quarante années de recherches originales dans le domaine de la hi-fi, de la musique et de la psycho-acoustique. C'est une réponse à tous les mélomanes du XXIè siècle qui constatent jour après jour que la musique n'est plus au rendez-vous de leur chaine Hi-Fi, et qui n'ont trouvé aucune solution satisfaisante avec les matériels audio actuels du commerce, même les plus onéreux des marques les plus prestigieuses. Il suffit d'être un peu bricoleur et d'avoir l'esprit ouvert à d'autres voies que l'électronique habituelle...
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